003-8002265-11167131

WyrokETPCz2024-07-16

Analiza orzeczenia

Sekcja wygenerowana przez AI na podstawie treści orzeczenia — nie stanowi cytatu.

Zagadnienie prawne
Czy odrzucenie skargi konstytucyjnej z powodu braku wymaganej większości głosów oraz brak uzasadnienia decyzji Sądu Konstytucyjnego narusza prawo do rzetelnego procesu z art. 6 ust. 1 Konwencji?
Ratio decidendi
Trybunał uznał, że wymóg kwalifikowanej większości pięciu głosów dla decyzji Sądu Konstytucyjnego, jasno określony w prawie albańskim, nie stanowi sam w sobie naruszenia prawa dostępu do sądu, zwłaszcza że obrady merytoryczne miały miejsce. Jednakże, Sąd Konstytucyjny naruszył art. 6 ust. 1 Konwencji, nie dostarczając skarżącym żadnego, nawet sumarycznego, uzasadnienia dla odrzucenia ich skarg, ograniczając się jedynie do podania wyników głosowania. Takie działanie pozbawiło skarżących możliwości poznania merytorycznych przyczyn decyzji, co jest sprzeczne z wymogiem motywowania decyzji sądowych.
Stan faktyczny
Skarżący, Astrit Meli i Swinkels Family Brewers N.V., złożyli skargi konstytucyjne w Albanii po przegranych postępowaniach sądowych (Meli w sporze o grunt, Swinkels w sporze o znak towarowy). Albański Sąd Konstytucyjny odrzucił obie skargi, ponieważ nie uzyskano wymaganej większości pięciu głosów sędziów. Decyzje Sądu Konstytucyjnego zawierały jedynie opis wyników głosowania, bez merytorycznego uzasadnienia przyczyn odrzucenia skarg.
Rozstrzygnięcie
Trybunał stwierdza brak naruszenia art. 6 ust. 1 Konwencji w zakresie dostępu do sądu. Trybunał stwierdza naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji w zakresie prawa do otrzymania uzasadnionej decyzji Sądu Konstytucyjnego. Trybunał odrzuca pozostałe zarzuty z art. 6. Trybunał zasądza zadośćuczynienie.

Pełny tekst orzeczenia

De la Greffi�re de la Cour CEDH 185 (2024) 16.07.2024 Manquement de la Cour constitutionnelle � son obligation de motiver valablement ses d�cisions dans deux affaires Dans son arr�t de chambre1, rendu ce jour dans l'affaire Meli et Swinkels Family Brewers N.V. c. Albanie (requ�tes nos 41373/21 et 48801/21), la Cour europ�enne des droits de l'homme dit, � l'unanimit�, qu'il y a eu : non-violation de l'article 6 � 1 (droit � un proc�s �quitable) de la Convention europ�enne des droits de l'homme concernant le grief tir� du d�faut all�gu� d'acc�s � la Cour constitutionnelle, et violation de l'article 6 � 1 concernant le droit des requ�rants � recevoir une d�cision motiv�e de la Cour constitutionnelle. L'affaire concerne le rejet - pour d�faut d'obtention de la majorit� requise - des recours constitutionnels dont les requ�rants avaient saisi la Cour constitutionnelle dans le cadre de proc�dures distinctes. Le cas de M. Meli concernait un litige foncier, tandis que celui de Swinkels Family Brewers concernait une atteinte all�gu�e � la marque de boisson �nergisante B-52 de l'int�ress�e. La Cour juge en particulier que la loi pr�voyant le rejet des affaires port�es � l'examen de la Cour constitutionnelle en cas de non-obtention de la majorit� requise, fix�e � cinq voix, �tait claire, et que dans chacune des affaires en cause, le vote avait suivi des d�lib�rations valables sur le fond. Elle parvient donc � la conclusion que les requ�rants ont pu saisir la Cour constitutionnelle pour obtenir un arr�t. Toutefois, la Cour constitutionnelle s'est abstenue de fournir ne serait-ce qu'un raisonnement sommaire exposant les positions de la majorit� et de la minorit�, et elle a donc priv� les requ�rants de la possibilit� d'obtenir un jugement motiv� dans leurs affaires. Principaux faits Les requ�rants, Astrit Meli et Swinkels Family Brewers N.V., sont respectivement un ressortissant albanais n� en 1959 et r�sidant � Tirana, et une soci�t� � responsabilit� limit�e �tablie � Lieshout (Pays-Bas). Pr�c�demment connue sous le nom de Bavaria N.V., la soci�t� requ�rante produit des boissons alcoolis�es et non alcoolis�es. En 2008, M. Meli saisit le tribunal de district de Vlora d'un recours afin de se voir reconna�tre un droit de propri�t� sur un terrain. Son recours en premi�re instance, puis son recours en appel et son pourvoi en cassation furent tranch�s en sa d�faveur. Il forma ensuite un recours constitutionnel. En 2021, la Cour constitutionnelle, statuant en assembl�e pl�ni�re (laquelle comptait � l'�poque six juges, trois si�ges �tant vacants) examina sa cause et rejeta sa requ�te. La motivation de la d�cision ne comportait qu'une br�ve description des principes juridiques pertinents et le r�sultat du vote, quatre voix contre deux concernant l'un des griefs soulev�s par le requ�rant, r�sultat qui signifiait 1 Conform�ment aux dispositions des articles 43 et 44 de la Convention, cet arr�t de chambre n'est pas d�finitif. Dans un d�lai de trois mois � compter de la date de son prononc�, toute partie peut demander le renvoi de l'affaire devant la Grande Chambre de la Cour. En pareil cas, un coll�ge de cinq juges d�termine si l'affaire m�rite plus ample examen. Si tel est le cas, la Grande Chambre se saisira de l'affaire et rendra un arr�t d�finitif. Si la demande de renvoi est rejet�e, l'arr�t de chambre deviendra d�finitif � la date de ce rejet. D�s qu'un arr�t devient d�finitif, il est transmis au Comit� des Ministres du Conseil de l'Europe qui en surveille l'ex�cution. Des renseignements suppl�mentaires sur le processus d'ex�cution sont consultables � l'adresse suivante : http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/execution. que la majorit� de cinq juges requise par la loi n'avait pas �t� atteinte. Aucune majorit� ne se d�gagea (trois voix contre trois) relativement � un second grief. En 2009, l'Organisation mondiale de la propri�t� intellectuelle �tendit � l'Albanie la marque de boissons �nergisantes B-52 qui �tait d�tenue par Swinkels Family Brewers. Toutefois, une soci�t� albanaise affirma qu'elle �tait d�j� propri�taire de la marque, ce qui donna lieu � un litige, lequel aboutit finalement � une action en justice devant le tribunal de district de Tirana, qui annula la marque de Swinkels Family Brewers en Albanie. Finalement, l'affaire fut port�e en 2021 devant la Cour constitutionnelle qui, statuant en assembl�e pl�ni�re (laquelle comptait sept juges, plusieurs si�ges �tant vacants), rejeta le recours constitutionnel dont Swinkels Family Brewers l'avait saisie pour contester le raisonnement qui avait �t� suivi par les juridictions inf�rieures. Dans son raisonnement, la Cour constitutionnelle se borna � dire que, les juges s'�tant prononc�s � quatre voix contre trois, la majorit� de cinq voix requise par la loi sur la question soulev�e n'avait pu �tre obtenue. En 2016, l'Albanie avait entrepris de profondes r�formes de son syst�me judiciaire, qui avaient conduit � des modifications constitutionnelles et � l'adoption d'un certain nombre de lois essentielles relatives, entre autres, � la r��valuation de tous les juges et procureurs en exercice, ce qui avait eu pour effet de r�duire le nombre de juges disponibles pour examiner les affaires devant la Cour constitutionnelle (voir l'arr�t Xhoxhaj c. Albanie, no 15227/19, pour plus de d�tails). Griefs, proc�dure et composition de la Cour Invoquant l'article 6 � 1 (droit � un proc�s �quitable), les requ�rants all�guaient que le refus par la Cour constitutionnelle d'examiner leurs recours constitutionnels les avait priv�s de l'acc�s � un tribunal et que le raisonnement suivi par la Cour constitutionnelle et les juridictions ordinaires dans les d�cisions pertinentes �tait inad�quat. Invoquant l'article 6 � 1, M. Meli se plaignait �galement d'un probl�me quant � l'�galit� des armes devant les juridictions albanaises. Les requ�tes ont �t� introduites devant la Cour europ�enne des droits de l'homme les 30 juillet et 1er octobre 2021 respectivement. L'arr�t a �t� rendu par une chambre de sept juges compos�e de : Pere Pastor Vilanova (Andorre), pr�sident, Jolien Schukking (Pays-Bas), Darian Pavli (Albanie), Peeter Roosma (Estonie), Andreas Z�nd (Suisse), Oddn� Mj�ll Arnard�ttir (Islande), Diana Kovatcheva (Bulgarie), ainsi que de Milan Blasko, greffier de section. D�cision de la Cour Article 6 Acc�s � la Cour constitutionnelle La Cour europ�enne rappelle qu'un cas d'�galit� des voix ne peut �tre consid�r� comme une violation de l'article 6 d�s lors que les cons�quences de cette situation ont �t� clairement �nonc�es dans la loi. En r�action � l'arr�t que la Cour avait rendu dans l'affaire Marini c. Albanie (no 3738/02), le Parlement albanais a adopt� une loi qui disposait qu'un vote � �galit� ou tout autre vote n'aboutissant pas � une majorit� de cinq voix concernant un recours constitutionnel aboutirait au rejet d�finitif du recours en question. Les votes dans les affaires des requ�rants ont eu lieu � l'issue d'une d�lib�ration sur le fond de chaque grief en assembl�e pl�ni�re, conform�ment � la pratique habituelle. Les r�sultats �taient clairs. La Cour ajoute que le fait d'exiger une majorit� qualifi�e pour les d�cisions de la Cour constitutionnelle ne constitue pas en lui-m�me une violation du droit d'acc�s � un tribunal. De telles exigences ne sont pas rares dans les proc�dures constitutionnelles et peuvent servir des buts l�gitimes. Les requ�rants n'ayant pas obtenu une majorit� de cinq voix, les d�cisions rendues dans leur affaire �taient sans �quivoque. Les int�ress�s n'ont pas �t� priv�s d'un acc�s � la Cour constitutionnelle et il y a eu non-violation � cet �gard. Droit � recevoir un jugement motiv� La Cour note que le raisonnement suivi dans le cas des requ�rants se limite � un �nonc� des r�sultats du vote et de son issue, avec une br�ve indication du vote individuel des juges. Les requ�rants ont donc �t� fix�s quant au r�sultat final, mais ils n'ont pas eu connaissance des raisons de fond sur lesquelles la d�cision les concernant reposait. Or, la loi albanaise sur la Cour constitutionnelle dispose que les d�cisions de cette juridiction doivent �tre � motiv�es �. La Cour rejette l'argument du Gouvernement selon lequel la Cour constitutionnelle s'est born�e dans l'arr�t � faire sien le raisonnement suivi par les juridictions inf�rieures, ce qui aurait �t� probl�matique �tant donn� que les griefs des requ�rants portaient pr�cis�ment sur la qualit� du raisonnement suivi par les juridictions ordinaires. En outre, la pratique de la Cour constitutionnelle a �t� modifi�e de sorte que cette juridiction est d�sormais tenue de motiver au moins sommairement les positions de la majorit� et de la minorit� effectives dans de telles affaires, ce qu'elle n'a pas fait dans le cas des requ�rants. En d�finitive, la Cour constitutionnelle a manqu� � son obligation de communiquer aux requ�rants des motifs valables propres � justifier sa d�cision de rejeter leurs griefs, ce qui s'analyse en une violation de l'article 6. Autres griefs tir�s de l'article 6 La Cour note qu'en cons�quence de sa d�cision, les requ�rants ont d�sormais la possibilit� d'obtenir la r�ouverture de la proc�dure les concernant, ce qui offrira aux juridictions albanaises la possibilit� de rendre une d�cision motiv�e dans leur affaire. Elle rejette donc les autres griefs, tout en r�affirmant que les requ�rants sont libres de saisir � nouveau la Cour europ�enne � l'avenir, une fois que leurs griefs auront �t� examin�s par la Cour constitutionnelle albanaise. Satisfaction �quitable (Article 41) La Cour dit que l'Albanie doit verser � chacun des requ�rants 3 600 euros (EUR) pour dommage moral, et 4 000 EUR � M. Meli et 6 000 EUR � Swinkels Family Brewers pour frais et d�pens. L'arr�t n'existe qu'en anglais. R�dig� par le greffe, le pr�sent communiqu� ne lie pas la Cour. Les d�cisions et arr�ts rendus par la Cour, ainsi que des informations compl�mentaires au sujet de celle-ci, peuvent �tre obtenus sur www.echr.coe.int . Pour s'abonner aux communiqu�s de presse de la Cour, merci de s'inscrire ici : www.echr.coe.int/RSS/fr ou de nous suivre sur Twitter @ECHR_CEDH. Contacts pour la presse [email protected] | tel: +33 3 90 21 42 08 Les demandes des journalistes peuvent �tre formul�es aupr�s de l'Unit� de la presse par courriel ou t�l�phone. Neil Connolly (tel : + 33 3 90 21 48 05) Tracey Turner-Tretz (tel : + 33 3 88 41 35 30) Denis Lambert (tel : + 33 3 90 21 41 09) Inci Ertekin (tel : + 33 3 90 21 55 30) Jane Swift (tel : + 33 3 88 41 29 04) La Cour europ�enne des droits de l'homme a �t� cr��e � Strasbourg par les �tats membres du Conseil de l'Europe en 1959 pour conna�tre des all�gations de violation de la Convention europ�enne des droits de l'homme de 1950. 4

© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 13.07.2026. · Źródło