11032/24;11875/24;18554/24;20939/24;21332/24;23609/24;24804/24
WyrokETPCz2025-11-27ECLI:CE:ECHR:2025:1127JUD001103224
Analiza orzeczenia
Sekcja wygenerowana przez AI na podstawie treści orzeczenia — nie stanowi cytatu.
Zagadnienie prawne
Czy niewykonanie lub opóźnione wykonanie krajowych orzeczeń sądowych narusza prawo do rzetelnego procesu z art. 6 ust. 1 Konwencji oraz inne prawa wynikające z ugruntowanego orzecznictwa ETPCz, w tym prawo do ochrony własności i dostępu do sądu?Ratio decidendi
Trybunał potwierdził, że wykonanie orzeczenia sądowego jest integralną częścią „postępowania” w rozumieniu art. 6 Konwencji. Stwierdził, że władze włoskie nie podjęły wszelkich niezbędnych wysiłków, aby w pełni i terminowo wykonać krajowe orzeczenia sądowe na korzyść skarżących. Ta bezczynność lub opóźnienie w wykonaniu stanowiło naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji. Podobne naruszenia Konwencji i jej Protokołów zostały stwierdzone w odniesieniu do innych zarzutów, w tym braku dostępu do sądu i opóźnień w płatnościach, w oparciu o ugruntowane orzecznictwo Trybunału.Stan faktyczny
Skarżący, obywatele Włoch, złożyli skargi dotyczące niewykonania lub opóźnionego wykonania krajowych orzeczeń sądowych wydanych na ich korzyść. Orzeczenia te dotyczyły głównie odszkodowań, płatności honorariów lub innych należności od władz lokalnych, takich jak gminy. W niektórych przypadkach skarżący skarżyli się również na brak możliwości wszczęcia postępowania egzekucyjnego ze względu na przepisy krajowe dotyczące jednostek samorządu terytorialnego w trudnej sytuacji finansowej.Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: decyduje o połączeniu skarg; uznaje skargi za dopuszczalne; stwierdza naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji z powodu niewykonania lub opóźnionego wykonania krajowych orzeczeń sądowych; stwierdza naruszenie Konwencji i jej Protokołów w odniesieniu do innych zarzutów wynikających z ugruntowanego orzecznictwa Trybunału; nakazuje państwu pozwanemu zapewnienie, w ciągu trzech miesięcy, wykonania zaległych krajowych orzeczeń sądowych; nakazuje państwu pozwanemu wypłacenie skarżącym, w ciągu trzech miesięcy, kwot wskazanych w załączniku, powiększonych o odsetki.Pełny tekst orzeczenia
PREMIÈRE SECTION
AFFAIRE ESPOSITO ET AUTRES c. ITALIE
(Requête no 11032/24 et 6 autres – voir liste en annexe)
ARRÊT
STRASBOURG
27 novembre 2025
Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme.
En l’affaire Esposito et autres c. Italie,
La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un comité composé de :
Frédéric Krenc, président,
Davor Derenčinović,
Alain Chablais, juges,
et de Viktoriya Maradudina, greffière adjointe de section f.f.,
Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 6 novembre 2025,
Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date :
PROCÉDURE
1. À l’origine de l’affaire se trouvent des requêtes dirigées contre l’Italie et dont la Cour a été saisie en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») aux différentes dates indiquées dans le tableau joint en annexe.
2. Les requêtes ont été communiquées au gouvernement italien (« le Gouvernement »).
EN FAIT
3. La liste des requérants et les précisions pertinentes sur les requêtes figurent dans le tableau joint en annexe.
4. Les requérants se plaignent de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes. Ils tirent également d’autres griefs des dispositions de la Convention.
EN DROIT
SUR LA JONCTION DES REQUÊTES
5. Compte tenu de la similitude des requêtes, la Cour estime approprié de les examiner conjointement en un seul arrêt.
SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 6 § 1 DE LA CONVENTION
6. Les requérants se plaignent principalement de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes rendues en leur faveur. Ils invoquent, expressément ou en substance, l’article 6 § 1 de la Convention.
7. La Cour rappelle que l’exécution d’un jugement ou arrêt, de quelque juridiction que ce soit, doit être considérée comme faisant partie intégrante du « procès » au sens de l’article 6. Elle renvoie par ailleurs à sa jurisprudence concernant l’inexécution ou l’exécution tardive de décisions de justice internes définitives (Hornsby c. Grèce, 19 mars 1997, § 40, Recueil des arrêts et décisions 1997‑II).
8. Dans les arrêts de principe Ventorino c. Italie, no 357/07, 17 mai 2011, De Trana c. Italie, no 64215/01, 16 octobre 2007, Nicola Silvestri c. Italie, no 16861/02, 9 juin 2009, Antonetto c. Italie, no 15918/89, 20 juillet 2000, la Cour a conclu à la violation de l’Article 6 § 1 de la Convention au sujet de questions similaires à celles qui font l’objet de la présente affaire.
9. Après examen de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis, la Cour ne décèle aucun fait ou argument propre à la convaincre de parvenir à une conclusion différente quant à la recevabilité et au bien-fondé des griefs en question. Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, elle estime qu’en l’espèce les autorités n’ont pas déployé tous les efforts nécessaires pour faire exécuter pleinement et en temps voulu les décisions de justice rendues en faveur des requérants.
10. Il s’ensuit que ces griefs sont recevables et révèlent une violation de l’article 6 § 1 de la Convention.
SUR LES AUTRES VIOLATIONS ALLÉGUÉES RELEVANT D’UNE JURISPRUDENCE BIEN ÉTABLIE
11. Les requérants ont formulé d’autres griefs qui soulèvent aussi des questions au regard de la Convention, selon la jurisprudence bien établie de la Cour (voir tableau joint en annexe). Constatant que ces griefs ne sont pas manifestement mal fondés au sens de l’article 35 § 3 a) de la Convention et ne se heurtent à aucun autre motif d’irrecevabilité, la Cour les déclare recevables. Après examen de l’ensemble des éléments en sa possession, elle conclut qu’ils révèlent également des violations de la Convention, eu égard à ses constats dans De Luca c. Italie, no 43870/04, §§ 67-72, 24 septembre 2013.
SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION
12. Eu égard aux documents en sa possession et à sa jurisprudence (Ventorino, De Trana, Nicola Silvestri, et Antonetto, précités), la Cour estime raisonnable d’allouer les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe.
13. La Cour constate en outre que l’État défendeur demeure tenu d’exécuter les décisions de justice qui restent exécutoires.
PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ,
Décide de joindre les requêtes ;
Déclare les requêtes recevables ;
Dit que ces requêtes révèlent une violation de l’article 6 § 1 de la Convention en raison de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes ;
Dit qu’il y a eu violation de la Convention et de ses Protocoles en ce qui concerne les autres griefs relevant de la jurisprudence bien établie de la Cour (voir tableau joint en annexe) ;
Dit que l’État défendeur doit, dans les trois mois, assurer, par des moyens appropriés, l’exécution des décisions de justice internes encore pendantes visées dans le tableau joint en annexe ;
Dit
a) que l’État défendeur doit verser aux requérants, dans les trois mois, les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe;
b) qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage.
Fait en français, puis communiqué par écrit le 27 novembre 2025, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.
Viktoriya Maradudina Frédéric Krenc
Greffière adjointe f.f. Président
ANNEXE
Liste de requêtes concernant des griefs tirés de l’article 6 § 1 de la Convention
(inexécution ou exécution tardive de décisions de justice internes)
No.
Numéro et date d’introduction de la requête
Nom du requérant et année de naissance/
d’enregistrement
Nom et ville du représentant
Décision de justice interne pertinente
Date de début de l’inexécution
Date de fin de l’inexécution
Délai d’exécution
Injonction des juridictions internes
Autres griefs relevant de la jurisprudence bien établie
Montant alloué pour dommage moral par requérant
(en euros)[1]
Montant alloué pour frais et dépens par requête
(en euros)[2]
11032/24
02/04/2024
Maria ESPOSITO
Scigliano Pina
Cirò Marina
Juge de paix de Cirò, R.G. 411/C/2012, 25/10/2016
28/12/2016
en cours
Plus de 7 année(s) et 10 mois et 2 jour(s)
Municipalité de Cirò Marina
indemnisation à titre de dommages et intérêts
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales,
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - La requérante se plaint du fait que le décret législatif no 267 de 2000 et la loi no 40 de 2004 empêchent les créanciers d’une collectivité locale en cessation de paiements (dissesto finanziario) d’entamer une procédure d’exécution pour obtenir le recouvrement de leurs créances (voir De Luca c. Italie, no 43870/04, §§ 67-72, 24 septembre 2013).
6 200
11875/24
11/04/2024
Ivana PERONGINI
Verri Francesco
Crotone
Tribunal de Nocera Inferiore, R.G. 2105/2022, 25/05/2022
11/08/2022
en cours
Plus de 2 année(s) et 2 mois et 19 jour(s)
Municipalité de Pagani - paiement prestations professionnelles (indemnite de résultat)
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales,
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - Étant donné que la municipalité débitrice est dans la phase préliminaire de faillite (predissesto) en vertu d’article 243 bis du décret législatif no 267 de 2000, le requérant ainsi que les autres créanciers de la municipalité, est dans l’impossibilité d’entamer une procédure d’exécution pour obtenir le recouvrement de leurs créances (voir De Luca c. Italie, no 43870/04, §§ 67-72, 24 septembre 201).
3 200
18554/24
14/06/2024
Salvatore MONDELLO
Palmigiano Alessandro
Palerme
Juge de paix de Palerme, R.G. 17966/22, 13/03/2023
13/03/2023
en cours
Plus de 1 année(s) et 7 mois et 17 jour(s)
Municipalité de Palerme - indemnisation à titre de dommages et intérêts
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales,
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - La partie requérante se plaint du fait que le décret législatif no 267 de 2000 et la loi no 40 de 2004 empêchent les créanciers d’une collectivité locale en cessation de paiements (dissesto finanziario) d’entamer une procédure d’exécution pour obtenir le recouvrement de leurs créances (voir De Luca c. Italie, no 43870/04, §§ 67-72, 24 septembre 2013).
2 400
20939/24
16/07/2024
Vincenzo FICOCIELLO
Lizza Egidio
Rome
Tribunal de Bénévent, R.G. 5103/2013, 13/11/2013
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 447/2015, 26/02/2015
Tribunal de Bénévent, R.G. 5944/2013, 15/07/2015
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 1317/2015, 29/05/2015
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 1387/2015, 05/06/2015
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 1458/2015, 19/06/2015
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 1339/2016, 20/06/2016
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 1340/2016, 30/06/2016
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 1022/2016, 29/04/2016
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 1071/2016, 29/04/2016
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 2832/2022, 16/01/2023
Juge de Paix de Bénévent, R.G. 3367/2016, 30/11/2016
26/11/2013
28/05/2015
15/07/2015
23/10/2015
23/10/2015
23/10/2015
05/07/2016
20/07/2016
13/10/2016
13/10/2016
07/02/2023
07/06/2023
en cours
Plus de 10 année(s) et 11 mois et 4 jour(s)
en cours
Plus de 9 année(s) et 5 mois et 2 jour(s)
en cours
Plus de 9 année(s) et 3 mois et 15 jour(s)
en cours
Plus de 9 année(s) et 7 jour(s)
en cours
Plus de 9 année(s) et 7 jour(s)
en cours
Plus de 9 année(s) et 7 jour(s)
en cours
Plus de 8 année(s) et 3 mois et 25 jour(s)
en cours
Plus de 8 année(s) et 3 mois et 10 jour(s)
en cours
Plus de 8 année(s) et 17 jour(s)
en cours
Plus de 8 année(s) et 17 jour(s)
en cours
Plus de 1 année(s) et 8 mois et 23 jour(s)
en cours
Plus de 1 année(s) et 4 mois et 23 jour(s)
Municipalité de Bénévent.
Paiement des honoraires
d’avocat
(avvocato
antistatario)
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - La partie requérante se plaint du fait que le décret législatif no 267 de 2000 et la loi no 40 de 2004 empêchent les créanciers d’une collectivité locale en cessation de paiements (dissesto finanziario) d’entamer une procédure d’exécution pour obtenir le recouvrement de leurs créances (voir De Luca c. Italie, no 43870/04, §§ 67-72, 24 septembre 2013).
12 500
21332/24
17/07/2024
Angelo ALOIA
Saccomanno Vincenzo
Cosence
Tribunal de Cosence, R.G. 2483/2016, 08/06/2016
Tribunal de Cosence, R.G. 2484/2016, 12/06/2016
08/06/2017
12/10/2017
en cours
Plus de 7 année(s) et 4 mois et 22 jour(s)
en cours
Plus de 7 année(s) et 18 jour(s)
Municipalité de Cosence -
Paiement de prestations professionnelles
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales,
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - La partie requérante se plaint du fait que le décret législatif no 267 de 2000 et la loi no 40 de 2004 empêchent les créanciers d’une collectivité locale en cessation de paiements (dissesto finanziario) d’entamer une procédure d’exécution pour obtenir le recouvrement de leurs créances (voir De Luca c. Italie, no 43870/04, §§ 67-72, 24 septembre 2013).
12 500
23609/24
06/08/2024
SICILSALDO S.P.A.
Blanco Cinzia
Lentini
Tribunal de Caltagirone, R.G.177/02 (tel que confirmé par la cour d’appel de Catane, R.G. 856/13 du 09/06/2015 et par la Cour de cassation R.G. 22211/15 du 23/04/2018), 24/04/2012
24/04/2012
en cours
Plus de 12 année(s) et 6 mois et 6 jour(s)
Municipalité de Palagonia - indemnisation à titre de dommages et intérêts
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales,
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - La partie requérante se plaint de ne pas pouvoir proposer d’action civile ou administrative afin d’obtenir l’exécution de l’injonction de paiement. Et cela, à cause du décret législatif no 267 de 2000 (texte unique des lois sur les administration publique).
9 600
24804/24
20/08/2024
Antonio DI BELLA
Calanni Fraccono Rosario
Catane
Tribunal de Catane, R.G. 1067/2014, tel que confirmé par la Cour d’Appel de Catane avec le jugement n. 1066 du 14/05/2021, 16/10/2019
16/10/2019
en cours
Plus de 5 année(s) et 14 jour(s)
Municipalité de Catane
Paiement d’indemnisation des dommages
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales,
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - La partie requérante se plaint du fait que le décret législatif no 267 de 2000 et la loi no 40 de 2004 empêchent les créanciers d’une collectivité locale en cessation de paiements (dissesto finanziario) d’entamer une procédure d’exécution pour obtenir le recouvrement de leurs créances voir De Luca c. Italie, no 43870/04, §§ 67-72, 24 septembre 2013).
9 600
[1] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.
[2] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.
© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 29.07.2026. · Źródło