15397/02
WyrokETPCz2017-05-30ECLI:CE:ECHR:2017:0530JUD001539702
Analiza orzeczenia
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Zagadnienie prawne
Czy śmierć beneficjenta zadośćuczynienia przyznanego w wyroku ETPCz, nieznana Trybunałowi w momencie jego wydania, stanowi podstawę do rewizji wyroku na podstawie art. 80 Regulaminu Trybunału w celu zmiany beneficjentów?Ratio decidendi
Trybunał uznał, że śmierć pierwotnej beneficjentki zadośćuczynienia (Mme Mehiyet Emsalsiz) przed wydaniem wyroku, co było faktem nieznanym Trybunałowi w tamtym czasie, stanowi "nowy fakt" w rozumieniu art. 80 Regulaminu Trybunału. Fakt ten mógłby mieć decydujący wpływ na rozstrzygnięcie w kwestii beneficjentów zadośćuczynienia. W związku z tym, Trybunał zdecydował o rewizji wyroku z 6 października 2015 r. w zakresie stosowania art. 41 Konwencji, aby przyznana kwota została wypłacona spadkobiercom zmarłej.Stan faktyczny
W wyroku z 6 października 2015 r. Trybunał stwierdził naruszenie art. 2 Konwencji i przyznał 50 000 EUR zadośćuczynienia moralnego Mme Mehiyet Emsalsiz, matce zmarłego M. Mahira Emsalsiza. Mme Emsalsiz zmarła 5 lutego 2015 r., czyli przed wydaniem tego wyroku, ale fakt ten nie był znany Trybunałowi. 3 stycznia 2017 r. prawnik skarżących poinformował Trybunał o jej śmierci i złożył wniosek o rewizję wyroku w celu przekazania zadośćuczynienia jej czterem spadkobiercom.Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: zdecydował o uwzględnieniu wniosku o rewizję wyroku z 6 października 2015 r. w zakresie stosowania art. 41 Konwencji; orzekł, że państwo pozwane ma zapłacić wspólnie M. Erdalowi Kai i Mmes Dönsel Kai, Emsal Özdemir (Kai) i Derya Ekinci (Emsalsiz) kwotę 50 000 EUR tytułem zadośćuczynienia moralnego, powiększoną o ewentualne podatki i odsetki, w terminie trzech miesięcy od daty uprawomocnienia się wyroku.Pełny tekst orzeczenia
DEUXIÈME SECTION
AFFAIRE KAVAKLIOĞLU ET AUTRES c. TURQUIE
(Requête no 15397/02)
ARRÊT
(Révision no 2)
Cet arrêt a été révisé conformément à l’article 80 du règlement de la Cour
par un arrêt prononcé le 17 octobre 2017
STRASBOURG
30 mai 2017
DÉFINITIF
30/08/2017
Cet arrêt est devenu définitif en vertu de l’article 44 § 2 de la Convention. Il peut subir des retouches de forme.
En l’affaire Kavaklıoğlu et autres c. Turquie (demande en révision de l’arrêt du 6 octobre 2015),
La Cour européenne des droits de l’homme (deuxième section), siégeant en une chambre composée de :
Paul Lemmens, président,
Işıl Karakaş,
Nebojša Vučinić,
Ksenija Turković,
Egidijus Kūris,
Robert Spano,
Jon Fridrik Kjølbro, juges,
et de Hasan Bakırcı, greffier adjoint de section,
Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 9 mai 2017,
Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date :
PROCÉDURE
1. À l’origine de l’affaire se trouve une requête (no 15397/02) dirigée contre la République de Turquie et dont soixante-quatorze ressortissants de cet État, ont saisi la Cour le 23 septembre 2000 en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention »).
2. Par un arrêt du 6 octobre 2015 (« arrêt »), la Cour a jugé qu’en raison des circonstances ayant entouré l’opération anti-mutinerie lancée le 26 septembre 1999 dans la prison centrale d’Ulucanlar, à Ankara, il y avait eu violation, tant matérielle que procédurale, de l’article 2 de la Convention à l’égard, entre autres, de feu M. Mahir Emsalsiz.
La Cour a également décidé d’allouer à la requérante Mme Mehiyet Emsalsiz, mère du défunt, 50 000 euros (EUR), pour dommage moral.
3. Par une télécopie du 3 janvier 2017, Me Kazım Bayraktar, avocat des requérants dans cette affaire, a informé le greffe que Mme Mehiyet Emsalsiz était décédée en date du 5 février 2015, laissant derrière elle son fils Erdal Kaya et ses filles Dönsel Kaya, Emsal Özdemir (Kaya) et Derya Ekinci (Emsalsiz). Il demandait la révision de l’arrêt, au sens de l’article 80 du règlement de la Cour, et la modification du dispositif de manière à désigner les quatre héritiers de la requérante décédée comme bénéficiaires de l’indemnité alloué au titre de la satisfaction équitable.
4. Le 31 janvier 2017, la Cour a invité le gouvernement turc (« le Gouvernement ») de présenter d’éventuelles observations, jusqu’au 27 février 2017.
5. Le Gouvernement a fait parvenir ses observations dans le délai imparti.
EN DROIT
I. ARGUMENTS DES PARTIES
6. Me Bayraktar demande la révision de l’arrêt, qu’il ne pourra sans doute pas exécuter en raison du décès de Mme Mehiyet Emsalsiz. Selon lui, ses héritiers devraient recevoir la somme accordée par la Cour à feue leur mère.
7. Le Gouvernement se réfère aux articles 44 A et 44 C du règlement et estime qu’en l’espèce les quatre prétendants, qui ont attendu près de deux ans avant d’informer la Cour du décès du de cujus, ne sauraient passer pour avoir fait preuve de l’intérêt requis pour voir l’instance se poursuivre en leur nom.
II. APPRÉCIATION DE LA COUR
8. La Cour prend acte de la copie du certificat d’ouverture de succession notarié concernant le décès de Mme Mehiyet Emsalsiz en date du 12 février 2015. Elle observe que ce document atteste sans conteste la véracité de l’information relativement au statut de M. Erdal Kaya et Mmes Dönsel Kaya, Emsal Özdemir (Kaya) et Derya Ekinci (Emsalsiz), en tant qu’héritiers.
Ainsi, rien ne permet de distinguer la présente situation de celle ayant fait l’objet du premier arrêt de révision rendu dans cette même affaire (Kavaklıoğlu et autres c. Turquie (révision), no 15397/02, § 11, 14 juin 2016).
9. La Cour estime qu’il y a donc lieu de réviser l’arrêt, sur ce point, par application de l’article 80 de son règlement qui, en ses parties pertinentes, est ainsi libellé :
« En cas de découverte d’un fait qui, par sa nature, aurait pu exercer une influence décisive sur l’issue d’une affaire déjà tranchée et qui, à l’époque de l’arrêt, était inconnu de la Cour et ne pouvait raisonnablement être connu d’une partie, cette dernière peut (...) saisir la Cour d’une demande en révision de l’arrêt dont il s’agit. (...) »
10. Elle décide en conséquence d’octroyer, pour dommage moral, conjointement à M. Erdal Kaya et Mmes Dönsel Kaya, Emsal Özdemir (Kaya) et Derya Ekinci (Emsalsiz), héritiers de Mme Mehiyet Emsalsiz, la somme de 50 000 EUR précédemment accordée à cette dernière au titre de la satisfaction équitable.
11. La Cour juge approprié de calquer derechef le taux des intérêts moratoires sur le taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne majoré de trois points de pourcentage.
PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ,
Décide, d’accueillir la demande en révision de l’arrêt du 6 octobre 2015, quant à l’application de l’article 41 de la Convention ;
en conséquence
Dit,
a) que l’État défendeur doit verser conjointement à M. Erdal Kaya et Mmes Dönsel Kaya, Emsal Özdemir (Kaya) et Derya Ekinci (Emsalsiz), dans les trois mois à compter du jour où l’arrêt sera devenu définitif conformément à l’article 44 § 2 de la Convention, 50 000 EUR (cinquante mille euros) pour dommage moral, plus tout montant pouvant être dû à titre d’impôt, ces sommes étant à convertir en livres turques au taux applicable à la date du règlement ;
b) qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage.
Fait en français, puis communiqué par écrit le 30 mai 2017, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement de la Cour.
Hasan Bakırcı Paul Lemmens
Greffier adjoint Président
© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 13.07.2026. · Źródło