19737/24;20473/24;24820/24;27800/24

WyrokETPCz2026-02-26ECLI:CE:ECHR:2026:0226JUD001973724

Analiza orzeczenia

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Zagadnienie prawne
Czy niewykonanie lub opóźnione wykonanie orzeczeń sądów krajowych narusza prawo do rzetelnego procesu (art. 6 ust. 1 Konwencji) oraz prawo do poszanowania mienia (art. 1 Protokołu nr 1)?
Ratio decidendi
Trybunał przypomniał, że wykonanie orzeczenia sądowego jest integralną częścią „postępowania” w rozumieniu art. 6 Konwencji. Opierając się na swojej ugruntowanej jurysprudencji w podobnych sprawach, Trybunał uznał, że władze krajowe nie podjęły wszelkich niezbędnych wysiłków, aby w pełni i terminowo wykonać orzeczenia sądowe wydane na korzyść skarżących. W konsekwencji, stwierdzono naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji oraz art. 1 Protokołu nr 1.
Stan faktyczny
Skarżący, obywatele Włoch, złożyli skargi dotyczące niewykonania lub opóźnionego wykonania orzeczeń sądów krajowych wydanych na ich korzyść. Orzeczenia te dotyczyły głównie płatności, w tym honorariów adwokackich (avvocato antistatario) od Ministerstwa Sprawiedliwości lub prefektur. Czas trwania niewykonania wynosił od ponad 2 do ponad 4 lat i nadal trwał w momencie wydania wyroku.
Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: postanowił połączyć skargi; uznał skargi za dopuszczalne; stwierdził naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji i art. 1 Protokołu nr 1 z powodu niewykonania lub opóźnionego wykonania orzeczeń sądów krajowych; nakazał państwu pozwanemu zapewnienie wykonania zaległych orzeczeń sądów krajowych w ciągu trzech miesięcy; nakazał państwu pozwanemu wypłacenie skarżącym kwot wskazanych w załączniku w ciągu trzech miesięcy, powiększonych o odsetki.

Pełny tekst orzeczenia

PREMIÈRE SECTION AFFAIRE SANTOPIETRO ET AUTRES c. ITALIE (Requêtes nos 19737/24 et 3 autres – voir liste en annexe)             ARRET STRASBOURG 26 février 2026   Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme. En l’affaire Santopietro et autres c. Italie, La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un comité composé de :  Artūrs Kučs, président,  Raffaele Sabato,  Anna Adamska-Gallant, juges, et de Viktoriya Maradudina, greffière adjointe de section f.f., Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 5 février 2026, Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date : PROCÉDURE 1.  À l’origine de l’affaire se trouvent des requêtes dirigées contre l’Italie et dont la Cour a été saisie en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») aux différentes dates indiquées dans le tableau joint en annexe. 2.  Les requêtes ont été communiquées au gouvernement italien (« le Gouvernement »). EN FAIT 3.  La liste des requérants et les précisions pertinentes sur les requêtes figurent dans le tableau joint en annexe. 4.  Les requérants se plaignent de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes. Ils tirent également d’autres griefs des dispositions de la Convention. EN DROIT SUR LA JONCTION DES REQUÊTES 5.  Compte tenu de la similitude des requêtes, la Cour estime approprié de les examiner conjointement en un seul arrêt. SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 6 § 1 DE LA CONVENTION 6.  Les requérants se plaignent principalement de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes rendues en leur faveur. Ils invoquent, expressément ou en substance, l’article 6 § 1 de la Convention. 7.  La Cour rappelle que l’exécution d’un jugement ou arrêt, de quelque juridiction que ce soit, doit être considérée comme faisant partie intégrante du « procès » au sens de l’article 6. Elle renvoie par ailleurs à sa jurisprudence concernant l’inexécution ou l’exécution tardive de décisions de justice internes définitives (Hornsby c. Grèce, 19 mars 1997, § 40, Recueil des arrêts et décisions 1997‑II). 8.  Dans les arrêts de principe Ventorino c. Italie, no 357/07, 17 mai 2011, De Trana c. Italie, no 64215/01, 16 octobre 2007, Nicola Silvestri c. Italie, no 16861/02, 9 juin 2009, Antonetto c. Italie, no 15918/89, 20 juillet 2000, la Cour a conclu à la violation au sujet de questions similaires à celles qui font l’objet de la présente affaire. 9.  Après examen de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis, la Cour ne décèle aucun fait ou argument propre à la convaincre de parvenir à une conclusion différente quant à la recevabilité et au bien-fondé des griefs en question. Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, elle estime qu’en l’espèce les autorités n’ont pas déployé tous les efforts nécessaires pour faire exécuter pleinement et en temps voulu les décisions de justice rendues en faveur des requérants. 10.  Il s’ensuit que ces griefs sont recevables et révèlent une violation de l’article 6 § 1 de la Convention. SUR LES AUTRES VIOLATIONS ALLÉGUÉES RELEVANT D’UNE JURISPRUDENCE BIEN ÉTABLIE 11.  Les requérants ont formulé d’autres griefs qui soulèvent aussi des questions au regard de l’article 1 du Protocole no 1, selon la jurisprudence bien établie de la Cour (voir tableau joint en annexe). Constatant que ces griefs ne sont pas manifestement mal fondés au sens de l’article 35 § 3 a) de la Convention et ne se heurtent à aucun autre motif d’irrecevabilité, la Cour les déclare recevables. Après examen de l’ensemble des éléments en sa possession, elle conclut qu’ils révèlent également des violations de l’article 1 du Protocole no 1 à la Convention, eu égard à ses constats dans Ventorino, précitée. SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION 12.  Eu égard aux documents en sa possession et à sa jurisprudence (Ventorino, De Trana, Nicola Silvestri et Antonetto, précitées), la Cour estime raisonnable d’allouer les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe. 13.  La Cour constate en outre que l’État défendeur demeure tenu d’exécuter les décisions de justice qui restent exécutoires. PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ, Décide de joindre les requêtes ; Déclare les requêtes recevables ; Dit que ces requêtes révèlent une violation de l’article 6 § 1 de la Convention et de l’article 1 du Protocole no 1 à la Convention en raison de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes ; Dit que l’État défendeur doit, dans les trois mois, assurer par des moyens appropriés l’exécution des décisions de justice internes encore pendantes visées dans le tableau joint en annexe ; Dit a)    que l’État défendeur doit verser aux requérants, dans les trois mois, les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe ; b)    qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage. Fait en français, puis communiqué par écrit le 26 février 2026, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.    Viktoriya Maradudina Artūrs Kučs  Greffière adjointe f.f. Président ANNEXE Liste de requêtes concernant des griefs tirés de l’article 6 § 1 de la Convention (inexécution ou exécution tardive de décisions de justice internes) No. Numéro et date d’introduction de la requête Nom du requérant et année de naissance Nom et ville du représentant Décision de justice interne pertinente Date de début de l’inexécution Date de fin de l’inexécution Délai d’exécution Injonction des juridictions internes Jurisprudence Autres griefs relevant de la jurisprudence bien établie Montant alloué pour dommage moral par requérant (en euros)[1] Montant alloué pour frais et dépens par requête (en euros)[2]       19737/24 02/07/2024 Luigi SANTOPIETRO   Santopietro Luigi Battipaglia Tribunal administratif régional de la Basilicate, R.G. 174/2022, 26/09/2022   Tribunal administratif régional de la Campanie, R.G. 568/2022, 06/10/2022   Tribunal administratif régional de la Campanie, R.G. 2068/2022, 14/02/2023   26/09/2022             06/10/2022             14/02/2023   en cours Plus de 3 année(s) et 2 mois et 3 jour(s)     en cours Plus de 3 année(s) et 1 mois et 23 jour(s)     en cours Plus de 2 année(s) et 9 mois et 15 jour(s)   Ministère de la justice,   paiement d’honoraires d’avocat découlant de la procédure “Pinto” (avvocato antistatario)   Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales 0       20473/24 12/07/2024 Teresa PELUSO   Pagliuca Mauro Avellino Tribunal de Avellino, R.G.E. 516/2022, 29/09/2022     Tribunal de Avellino, R.G.E. 365/2022, 05/10/2022     Tribunal de Avellino, R.G.E. 1223/2022, 15/03/2023     Juge de Paix de Rome, R.G. 34622/2022, 27/04/2023   29/09/2022           05/10/2022           15/03/2023           27/04/2023   en cours Plus de 3 année(s) et 2 mois     en cours Plus de 3 année(s) et 1 mois et 24 jour(s)   en cours Plus de 2 année(s) et 8 mois et 14 jour(s)   en cours Plus de 2 année(s) et 7 mois et 2 jour(s)   Ministère de la justice,   paiement d’honoraires d’avocat découlant de la procédure “Pinto” (avvocato antistatario)   Préfecture de Rome,   paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario)   Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales 6 200       24820/24 19/08/2024 Ennio ABRUSCI   Abrusci Ennio Acquaviva delle Fonti Cour d’Appel de Lecce, R.G. 224/2020, 24/12/2020     Cour d’Appel de Naples, R.G. 1478/2021, 13/09/2021   16/02/2021           09/02/2022   en cours Plus de 4 année(s) et 9 mois et 13 jour(s)   en cours Plus de 3 année(s) et 9 mois et 20 jour(s)   Ministère de la Justice,   paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) A contrario, Izzo et autres c. Italie, no 46141/12, 30 mai 2017 Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales 2 800       27800/24 16/09/2024 Maria Cristina SALA RONCHI   Abrusci Ennio Acquaviva delle Fonti Cour d’Appel de Rome, R.G. 50829/21, 14/10/2021   06/04/2022   en cours Plus de 3 année(s) et 7 mois et 23 jour(s)   Ministère de Justice,   paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) A contrario, Izzo et autres c. Italie, no 46141/12, 30 mai 2017 Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales 1 500     [1] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante. [2] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.

© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 23.07.2026. · Źródło