20475/22;28421/22

WyrokETPCz2023-11-16ECLI:CE:ECHR:2023:1116JUD002047522

Analiza orzeczenia

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Zagadnienie prawne
Czy niewykonanie orzeczeń sądów krajowych narusza prawo do rzetelnego procesu z art. 6 ust. 1 Konwencji oraz prawo do poszanowania mienia z art. 1 Protokołu nr 1?
Ratio decidendi
Trybunał przypomniał, że wykonanie orzeczenia sądowego jest integralną częścią „procesu” w rozumieniu art. 6 Konwencji. Stwierdził, że w niniejszej sprawie władze krajowe nie podjęły wszystkich niezbędnych wysiłków, aby w pełni i terminowo wykonać orzeczenia sądowe wydane na korzyść skarżących. Opierając się na swojej ugruntowanej jurysprudencji dotyczącej niewykonania lub opóźnionego wykonania prawomocnych orzeczeń krajowych, Trybunał uznał, że doszło do naruszenia Konwencji.
Stan faktyczny
Skarżący, Anastasia Giglio i Giusi Perretti, złożyli skargi przeciwko Włochom. Skarżący skarżyli się na niewykonanie orzeczeń sądów krajowych wydanych na ich korzyść. W przypadku Anastasii Giglio dotyczyło to orzeczenia Tribunal de Avellino z 20 czerwca 2019 r., a w przypadku Giusi Perretti – orzeczenia Juge de paix de S. Agata de’ Goti z 30 kwietnia 2013 r. Oba orzeczenia dotyczyły zapłaty honorariów adwokackich.
Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: - Postanowił połączyć skargi. - Uznał skargi za dopuszczalne. - Stwierdził naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji z powodu niewykonania orzeczeń sądów krajowych. - Stwierdził naruszenie Konwencji i jej Protokołów w odniesieniu do innych zarzutów objętych ugruntowaną jurysprudencją Trybunału (art. 1 Protokołu nr 1). - Orzekł, że państwo pozwane musi w ciągu trzech miesięcy zapewnić wykonanie zaległych orzeczeń sądów krajowych. - Orzekł, że państwo pozwane musi wypłacić skarżącym kwoty wskazane w załączniku tytułem zadośćuczynienia, powiększone o odsetki po upływie trzech miesięcy.

Pełny tekst orzeczenia

PREMIÈRE SECTION AFFAIRE GIGLIO ET PERRETTI c. ITALIE (Requêtes nos 20475/22 et 28421/22)             ARRET STRASBOURG 16 novembre 2023             Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme. En l’affaire Giglio et Perretti c. Italie, La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un comité composé de :  Krzysztof Wojtyczek, président,  Lətif Hüseynov,  Ivana Jelić, juges, et de Viktoriya Maradudina, greffière adjointe de section f.f., Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 12 octobre 2023, Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date : PROCÉDURE 1.  À l’origine de l’affaire se trouvent des requêtes dirigées contre l’Italie et dont la Cour a été saisie en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») aux différentes dates indiquées dans le tableau joint en annexe. 2.  Les requérants ont été représentés par Me Mauro Pagliuca, avocat à Avellino. 3.  Les requêtes ont été communiquées au gouvernement italien (« le Gouvernement »). EN FAIT 4.  La liste des requérants et les précisions pertinentes sur les requêtes figurent dans le tableau joint en annexe. 5.  Les requérants se plaignent de l’inexécution de décisions de justice internes. EN DROIT SUR LA JONCTION DES REQUÊTES 6.  Compte tenu de la similitude des requêtes, la Cour estime approprié de les examiner conjointement en un seul arrêt. SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 6 § 1 DE LA CONVENTION 7.  Les requérants se plaignent principalement de l’inexécution de décisions de justice internes rendues en leur faveur. Ils invoquent, expressément ou en substance, l’article 6 § 1 de la Convention. 8.  La Cour rappelle que l’exécution d’un jugement ou arrêt, de quelque juridiction que ce soit, doit être considérée comme faisant partie intégrante du « procès » au sens de l’article 6. Elle renvoie par ailleurs à sa jurisprudence concernant l’inexécution ou l’exécution tardive de décisions de justice internes définitives (Hornsby c. Grèce, 19 mars 1997, § 40, Recueil des arrêts et décisions 1997‑II). 9.  Dans les arrêts de principe Ventorino c. Italie, no 357/07, 17 mai 2011, De Trana c. Italie, no 64215/01, 16 octobre 2007, Nicola Silvestri c. Italie, no 16861/02, 9 juin 2009, et Antonetto c. Italie, no 15918/89, 20 juillet 2000, la Cour a conclu à la violation au sujet de questions similaires à celles qui font l’objet de la présente affaire. 10.  Après examen de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis, la Cour ne décèle aucun fait ou argument propre à la convaincre de parvenir à une conclusion différente quant à la recevabilité et au bien-fondé des griefs en question. Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, elle estime qu’en l’espèce les autorités n’ont pas déployé tous les efforts nécessaires pour faire exécuter pleinement et en temps voulu les décisions de justice rendues en faveur des requérants. 11.  Il s’ensuit que ces griefs sont recevables et révèlent une violation de l’article 6 § 1. SUR LES AUTRES VIOLATIONS ALLÉGUÉES RELEVANT D’UNE JURISPRUDENCE BIEN ÉTABLIE 12.  Les requérants ont formulé un autre grief tiré de l’article 1 du Protocole no 1 concernant l’inexécution des mêmes décisions de justice internes (voir tableau joint en annexe). Constatant que ce grief n’est pas manifestement mal fondé au sens de l’article 35 § 3 a) de la Convention et ne se heurte à aucun autre motif d’irrecevabilité, la Cour le déclare recevable. Après examen de l’ensemble des éléments en sa possession, elle conclut qu’ils révèlent également une violation de la Convention, eu égard à ses constats dans l’affaire Ventorino, précitée. SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION 13.  Aux termes de l’article 41 de la Convention, « Si la Cour déclare qu’il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d’effacer qu’imparfaitement les conséquences de cette violation, la Cour accorde à la partie lésée, s’il y a lieu, une satisfaction équitable. » 14.  Eu égard aux documents en sa possession et à sa jurisprudence (Ventorino, précité, et De Trana, précité), la Cour estime raisonnable d’allouer les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe. 15.  La Cour constate en outre que l’État défendeur demeure tenu d’exécuter les décisions de justice qui restent exécutoires. PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ, Décide de joindre les requêtes ; Déclare les requêtes recevables ; Dit que ces requêtes révèlent une violation de l’article 6 § 1 en raison de l’inexécution de décisions de justice internes ; Dit qu’il y a eu violation de la Convention et de ses Protocoles en ce qui concerne les autres griefs relevant de la jurisprudence bien établie de la Cour (voir tableau joint en annexe) ; Dit que l’État défendeur doit, dans les trois mois, assurer par des moyens appropriés l’exécution des décisions de justice internes encore pendantes visées dans le tableau joint en annexe ; Dit a)    que l’État défendeur doit verser aux requérants, dans les trois mois, les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe; b)    qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage. Fait en français, puis communiqué par écrit le 16 novembre 2023, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.    Viktoriya Maradudina Krzysztof Wojtyczek  Greffière adjointe f.f. Président   ANNEXE Liste de requêtes concernant des griefs tirés de l’article 6 § 1 de la Convention (inexécution ou exécution tardive de décisions de justice internes) No Numéro et date d’introduction de la requête Nom du requérant et année de naissance Décision de justice interne pertinente Date de début de l’inexécution Délai d’exécution Injonction des juridictions internes Autres griefs relevant de la jurisprudence bien établie Montant alloué pour dommage moral par requérant (en euros)[1] Montant alloué pour frais et dépens par requête (en euros)[2]       20475/22 13/04/2022 Anastasia GIGLIO Tribunal de Avellino R.G. 1823/2013, 20/06/2019   20/06/2019   en cours Plus de 4 année(s) et 3 mois et 6 jour(s) Municipalité de Avellino - Paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales 5 600       28421/22 01/06/2022 Giusi PERRETTI Juge de paix de S. Agata de’ Goti R.G. 255/2011, 30/04/2013   30/04/2013   en cours Plus de 10 année(s) et 4 mois et 27 jour(s) Municipalité de S. Agata de’ Goti - Paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales 250     [1] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante. [2] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.

© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 13.07.2026. · Źródło