21925/15

WyrokETPCz2019-01-10ECLI:CE:ECHR:2019:0110JUD002192515

Analiza orzeczenia

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Zagadnienie prawne
Czy przewlekłość postępowania administracyjnego trwającego około 25 lat naruszyła prawo do rozpoznania sprawy w rozsądnym terminie z art. 6 ust. 1 Konwencji, zwłaszcza w kontekście krajowych wymogów proceduralnych dotyczących przyspieszenia postępowania?
Ratio decidendi
Trybunał uznał, że postępowanie administracyjne trwające około dwudziestu pięciu lat było nadmiernie długie, naruszając art. 6 ust. 1 Konwencji. Odrzucił argument rządu, że skarżący nie wykazali inicjatywy, wskazując, że złożyli oni wnioski o wyznaczenie terminu rozprawy. Trybunał potwierdził, że krajowa procedura odwoławcza („Pinto”) nie była skuteczna w rozumieniu art. 13 Konwencji, nawet po zmianach wprowadzonych w 2008 i 2010 roku, co oznaczało, że wymóg złożenia wniosku o pilne wyznaczenie terminu rozprawy nie mógł usprawiedliwiać długości postępowania.
Stan faktyczny
Pięćdziesięciu trzech obywateli Włoch złożyło w 1986 roku skargę do regionalnego sądu administracyjnego w Lacjum, kwestionując zmianę ich stopnia administracyjnego i jej konsekwencje finansowe. Postępowanie to trwało do 2011 roku, kiedy to sąd odrzucił ich roszczenia. Następnie skarżący złożyli odwołania na podstawie „ustawy Pinto” z powodu nadmiernej długości postępowania, które zostały uznane za niedopuszczalne przez sądy krajowe, ponieważ skarżący nie złożyli wniosku o pilne wyznaczenie terminu rozprawy w postępowaniu administracyjnym.
Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: 1. Uznaje skargę za dopuszczalną; 2. Stwierdza naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji; 3. Nie przyznaje zadośćuczynienia na podstawie art. 41 Konwencji.

Pełny tekst orzeczenia

PREMIÈRE SECTION             AFFAIRE AJMONE MARSAN ET AUTRES c. ITALIE   (Requête no 21925/15)                         ARRÊT         STRASBOURG   10 janvier 2019       Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme. En l’affaire Ajmone Marsan et autres c. Italie, La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un comité composé de :  Aleš Pejchal, président,  Tim Eicke,  Gilberto Felici, juges, et de Renata Degener, greffière adjointe de section, Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 11 décembre 2018, Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date : PROCÉDURE 1.  À l’origine de l’affaire se trouve une requête (no 21925/15) dirigée contre la République italienne par cinquante-trois ressortissants italiens (voir la liste en annexe) qui ont saisi la Cour le 22 avril 2015 en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention »). 2.  Les requérants ont été représentés par Me G. De Paola, avocat exerçant à Florence. Le gouvernement italien (« le Gouvernement ») a été représenté par son ancien coagent, Mme P. Accardo, et par son coagent, Mme M.G. Civinini. 3.  Les requérants allèguent une violation de leur droit à un procès dans un délai raisonnable (article 6 § 1 de la Convention). 4.  Le 20 mai 2016, la requête a été communiquée au Gouvernement. 5.  Par une lettre du 18 octobre 2018, le Gouvernement s’est opposé à l’examen de la requête par un comité. Après avoir examiné l’objection du Gouvernement, la Cour l’a rejetée. EN FAIT I.  LES CIRCONSTANCES DE L’ESPÈCE 6.  Le 20 novembre 1986, les requérants saisirent le tribunal administratif régional (le TAR) pour le Latium d’un recours en annulation (RG no 7770/1986) contre l’ordonnance de la Région Latium no 2443 du 29 avril 1986 touchant leur activité professionnelle. En particulier, ils se plaignirent de la modification de leur échelon administratif et de ses conséquences sur leur rétribution. Le 1er février 2011, le TAR rejeta les recours. 7.  Entre le 19 avril et le 7 septembre 2011, les requérants introduisirent des recours devant la cour d’appel de Pérouse, sur le fondement de la loi no 89 de 2011 dite « loi Pinto », pour se plaindre de la durée excessive de la procédure juridictionnelle administrative. 8.  Le 14 mai 2013, la cour d’appel joignit les recours (RG no 2048/2011) et les déclara irrecevables. Elle constata qu’au cours de la procédure juridictionnelle administrative, les requérants n’avaient pas présenté une demande de fixation en urgence de la date de l’audience (istanza di prelievo), nouvelle condition de recevabilité des recours « Pinto », introduite avec l’article 54 du décret-loi no 112 du 25 juin 2008. 9.  Le 22 octobre 2014 (arrêt no 22465/2014), le pourvoi en cassation formé par les requérants fut rejeté par la Cour de cassation sur le fondement des mêmes raisons évoquées par la cour d’appel. La Haute juridiction rejeta aussi trois questions de constitutionnalité présentées contre l’article 54 du décret susmentionné. II.  LE DROIT ET LA PRATIQUE INTERNES PERTINENTS 10.  Le droit et la pratique internes pertinents en l’espèce se trouvent décrits dans l’arrêt Olivieri et autres c. Italie (nos 17708/12 et 3 autres, §§ 11-18 et 67, 25 février 2016). 11.  Dans son arrêt no 3740 du 15 février 2013, la Cour de cassation a jugé que pour les procédures en cours devant le juge administratif à la date du 16 septembre 2010, lorsqu’une violation du droit à un procès dans une durée raisonnable est alléguée, l’on ne saurait déposer une demande de satisfaction équitable au sens de la loi no 89 de 2011 si, dans la procédure principale, une demande de fixation en urgence de la date de l’audience n’a pas été présentée. Et ce sans distinction aucune entre les phases de la même procédure. EN DROIT I.  SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 6 § 1 DE LA CONVENTION 12.  Les requérants allèguent que la durée de la procédure juridictionnelle administrative a enfreint leur droit à un procès dans un délai raisonnable, tel que prévu par l’article 6 § 1 de la Convention, ainsi libellé : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue (...) dans un délai raisonnable, par un tribunal (...), qui décidera (...) des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil (...) » 13.  Le Gouvernement s’oppose à cette thèse. A.  Sur la recevabilité 14.  Constatant que la requête n’est pas manifestement mal fondée au sens de l’article 35 § 3 a) de la Convention et qu’elle ne se heurte par ailleurs à aucun autre motif d’irrecevabilité, la Cour la déclare recevable. B.  Sur le fond 15.  Les requérants se plaignent de la durée excessive de la procédure devant le TAR du Latium qui a débuté le 20 novembre 1986 et a pris fin le 1er février 2011. 16.  Le Gouvernement rappelle que le procès administratif est un procès des parties, dans la mesure où celles-ci, et non pas le juge, ont le pouvoir de donner l’impulsion initiale, de poursuivre la procédure et de présenter les preuves. Il invite ainsi la Cour à tenir compte du fait que les requérants n’ont donné aucune impulsion à la procédure, laquelle était par ailleurs particulièrement complexe en raison du nombre de parties. 17.  En outre, le Gouvernement estime que les requérants, parties à une procédure en cours au 25 juin 2008, date d’entrée en vigueur de l’article 54 du décret-loi no 112 du 25 juin 2008, auraient dû présenter une demande de fixation en urgence de la date de l’audience pour se plaindre de la durée de la procédure postérieur à cette dernière date. 18.  La Cour rappelle avoir jugé que la procédure pour se plaindre de la longueur excessive d’une procédure juridictionnelle administrative ne peut pas être considérée comme effective au sens de l’article 13 de la Convention (Olivieri et autres, précité, § 71) et que cette conclusion s’applique aussi à la nouvelle formulation de l’article 54, alinéa 2, du décret-loi no 112 de 2008, tel que modifié par le décret-législatif no 104 du 2 juillet 2010, entrée en vigueur le 16 septembre 2010 (ibidem, §§ 66-69). La nouvelle disposition était ainsi déjà en vigueur à la date de l’introduction des recours « Pinto » par les requérants. Or, comme l’a indiqué la Cour de cassation (paragraphe 11 ci-dessus), cette discipline s’applique à la durée globale de la procédure et ne permet pas de faire une distinction entre périodes antécédentes et successives à l’entrée en vigueur de la disposition litigieuse. Par conséquent, la Cour estime que la procédure interne doit être considérée dans sa globalité. 19.  Celle-ci a eu une durée d’environ vingt-cinq ans. La Cour observe que les requérants ont sollicité le TAR afin d’obtenir une décision sur leurs recours en présentant deux demandes de fixation de l’audience. Par conséquent, et contrairement à ce que soutient le Gouvernement, l’intérêt des requérants à voir leur cause traitée dans un délai raisonnable ne saurait être mis en doute. 20.  Même à vouloir supposer que la procédure litigieuse a été complexe en raison de la présence de nombreuses parties, la Cour ne peut que constater une méconnaissance de l’exigence du « délai raisonnable », compte tenu des critères dégagés par sa jurisprudence bien établie en la matière (voir, en premier lieu, Cocchiarella c. Italie [GC], no 64886/01, §§ 117 et 121, CEDH 2006‑V). 21.  Ces éléments suffisent à la Cour pour conclure que dans la présente affaire il y a eu violation de l’article 6 § 1 de la Convention. II.  SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION 22.  Aux termes de l’article 41 de la Convention, « Si la Cour déclare qu’il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d’effacer qu’imparfaitement les conséquences de cette violation, la Cour accorde à la partie lésée, s’il y a lieu, une satisfaction équitable. » 23.  Les requérants n’ont pas présenté, dans leurs observations du 4 janvier 2017 en réponse aux observations du Gouvernement, de demandes de satisfaction équitable. Dans leur formulaire de requête, à conclusion de l’exposé des faits, chaque requérant a demandé « la somme que la Cour estimera équitable pour le dommage moral subi ». 24.  Le Gouvernement estime que les requérants n’ont pas exposé de prétentions de satisfaction équitable et que rien ne doit leur être accordé. 25.  La Cour observe qu’en effet les requérants n’ont pas soumis une demande de satisfaction équitable pour préjudice moral, ni formulé une demande pour les frais et dépens, conformément aux conditions énoncées dans son règlement et dans l’instruction pratique qui leur a été adressée. 26.  Par ailleurs, la Cour estime que la violation constatée dans la présente affaire ne justifie pas l’octroi d’une indemnité en l’absence d’une demande de satisfaction équitable (voir, a contrario, Nagmetov c. Russie [GC], no 35589/08, §§ 81 et 87, 30 mars 2017). 27.  Partant, la Cour décide de rien octroyer aux requérants au titre de l’article 41 de la Convention. 28.  La Cour note ensuite qu’aucune demande pour dommage matériel ou pour frais et dépens n’a été formulée. En conséquence, elle n’alloue aucune somme à ce titre. PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ, 1.  Déclare la requête recevable ;   2.  Dit qu’il y a eu violation de l’article 6 § 1 de la Convention.   Fait en français, puis communiqué par écrit le 10 janvier 2019, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement de la Cour. Renata Degener Aleš Pejchal Greffière adjointe Président annexe No. Prénom NOM Date de naissance Lieu de résidence Date d’introduction du recours « Pinto » (RG no)                  Susanna AJMONE MARSAN 01/08/1950 Rome 02/05/2011 (RG no 2233/11)                  Paola BORGO 17/05/1953 Rome 27/04/2011 (RG no 2157/11)                  Maurizio BRUSTOLIN 06/01/1953 Rome 10/05/2011 (RG no 2463/11)                  Antonio CACCIAPAGLIA 29/06/1941 Cerveteri (RM) 26/05/2011 (RG no 3011/11)                  Elio CAMILLI 26/08/1949 Rome 19/04/2011 (RG no 2019/11)                  Emilia CIOCCA 16/11/1938 Rome 27/04/2011 (RG no 2157/11)                  Franca COMPAGNONI 20/03/1953 Rome 26/05/2011 (RG no 3014/11)                  Paola DE LILLO 15/02/1947 Rome 10/05/2011 (RG no 2458/11)                  Vittoria EPIFANI 01/04/1936 Rome 10/05/2011 (RG no 2458/11)              Rosanna FALATO 31/01/1953 Rome 07/06/2011 (RG no 3330/11)              Fabiola FORTUNA 26/10/1953 Rome 27/04/2011 (RG no 2157/11)              Simonetta FRANCI 12/02/1948 Rome 01/06/2011 (RG no 3248/11)              Lucia FRUTTERO 09/01/1945 Rome 01/07/2011 (RG no 3917/11)              Paolo FUGNITTO 18/06/1950 Rome 10/05/2011 (RG no 2463/11)              Silvia FURCI 28/07/1952 Rome 07/06/2011 (RG no 3330/11)              Giorgianna Gladys GARDNER 09/07/1952 Rome 17/05/2011 (RG no 2842/11)              Caterina GRANDE 19/03/1953 Rome 07/09/2011 (RG no 5056/11)              Carla GRASSI 26/05/1950 Rome 19/04/2011 (RG no 2049/11)              Stefania GRAZIOSI 16/07/1947 Rome 26/05/2011 (RG no 3014/11)              Roberto IOZZINO 03/11/1949 Cerveteri (RM) 02/05/2011 (RG no 2233/11)              Annarita LEUZZI 27/07/1948 Frattocchie (RM) 17/05/2011 (RG no 2842/11)              Lorenzo LIPPI 10/08/1946 Rome 01/06/2011 (RG no 3249/11)              Fabio LO TURCO 19/06/1944 Rome 19/04/2011 (RG no 2048/11)              Gabriele LO TURCO 17/10/1980 Rome 19/04/2011 (RG no 2048/11)              Anna Maria LUCCI 08/10/1952 Rome 10/05/2011 (RG no 2463/11)              Felicia MARIANI 26/04/1953 Rome 26/05/2011 (RG no 3014/11)              Tiziana MARIANI 08/10/1953 Rome 10/05/2011 (RG no 2458/11)              Leonilde MARZOLINI 24/11/1952 Rome 02/05/2011 (RG no 2233/11)              Matilde MATTIA 23/04/1952 Soriano nel Cimino (VT) 01/06/2011 (RG no 3248/11)              Paolo MOLINA 24/05/1952 Rome 19/04/2011 (RG no 2049/11)              Domenico MONACELLI 01/07/1951 Rome 01/06/2011 (RG no 3249/11)              Lucia MONTEROSA 08/05/1953 Rome 19/04/2011 (RG no 2049/11)              Marinella MORDIGLIA 03/02/1946 Rome 01/06/2011 (RG no 3249/11)              Giovanna OLIVERI 27/07/1952 Rome 27/04/2011 (RG no 2157/11)              Francesca PAGANELLI 11/01/1943 Rome 27/04/2011 (RG no 2157/11)              Lucia PANFILI 24/03/1952 Rome 01/06/2011 (RG no 3248/11)              Giovanna PARISINI 26/06/1935 Rome 02/05/2011 (RG no 2233/11)              Lucrezia PASQUALE 17/03/1952 Rome 17/05/2011 (RG no 2842/11)              Fabio Vittorio PATRUNO 23/12/1952 Marino (RM) 01/06/2011 (RG no 3248/11)              Vincenzo RICCIO 26/09/1945 Rome 01/6/2011 (RG no 3249/11)              Michela ROMANO 20/01/1950 Rome 10/05/2011 (RG no 2463/11)              Marina Camilla Cristina SARLI 28/05/1953 Rome 10/05/2011 (RG no 2458/11)              Raffaella SCALISI 14/08/1952 Rome 19/04/2011 (RG no 2049/11)              Luisa SCALPELLI 20/04/1945 Rome 26/05/2011 (RG no 3011/11)              Fiorenzo SERRA 09/11/1942 Rome 26/05/2011 (RG no 3011/11)              Ada SORDINI 02/01/1936 Santamarinella (RM) 26/05/2011 (RG no 3011/11)              Fabio SORDINI 05/04/1955 Rome 17/05/2011 (RG no 2842/11)              Maria Cristina STENTA 27/06/1946 Rome 02/05/2011 (RG no 2233/11)              Luciana STENTELLA 28/12/1950 Rome 26/05/2011 (RG no 3014/11)              Marina Camilla Cristina UNGANIA 20/03/1954 Rome 17/05/2011 (RG no 2842/11)              Gabriella VACCHER 07/09/1946 Rome 26/05/2011 (RG no 3011/11)              Maria Fiammetta VOLPINI 04/02/1953 Rome 01/06/2011 (RG no 3248/11)              Marina VOTA 04/11/1953 Rome 10/05/2011 (RG no 2458/11)

© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 13.07.2026. · Źródło