26565/16;27068/16;27071/16;27074/16;29146/16;31434/16;35842/17
WyrokETPCz2020-06-04ECLI:CE:ECHR:2020:0604JUD002656516
Analiza orzeczenia
Sekcja wygenerowana przez AI na podstawie treści orzeczenia — nie stanowi cytatu.
Zagadnienie prawne
Czy złe warunki detencji podczas strajku funkcjonariuszy służby więziennej oraz brak skutecznego środka odwoławczego w prawie krajowym stanowiły naruszenie art. 3 i 13 Konwencji?Ratio decidendi
Trybunał stwierdził, że skarżący byli przetrzymywani w złych warunkach, co zostało szczegółowo opisane w załączniku. Odwołując się do swojej ugruntowanej jurysprudencji dotyczącej warunków detencji, w tym wyroku Muršić c. Croatie [GC], Trybunał podkreślił, że kumulatywny efekt braku aktywności fizycznej, zaniedbań higienicznych, braku kontaktu ze światem zewnętrznym oraz niepewności co do zaspokojenia podstawowych potrzeb, spowodował u skarżących cierpienie przekraczające nieodłączny poziom cierpienia związany z pozbawieniem wolności. Trybunał uznał te warunki za poniżające traktowanie w rozumieniu art. 3 Konwencji, powołując się na precedens Clasens c. Belgique. Dodatkowo, Trybunał zauważył, że skarżący nie mieli dostępu do skutecznego środka odwoławczego w odniesieniu do tych skarg, co stanowiło naruszenie art. 13 Konwencji.Stan faktyczny
Skarżący, będący osadzonymi w belgijskich zakładach karnych, skarżyli się na złe warunki detencji, jakich doświadczyli podczas strajku funkcjonariuszy służby więziennej w 2016 roku. Wskazywali na brak skutecznego środka odwoławczego w prawie krajowym w tej kwestii. Zgłaszane problemy obejmowały pogorszenie warunków detencji, takie jak brak aktywności fizycznej, naruszenia zasad higieny, brak kontaktu ze światem zewnętrznym oraz ogólną niepewność co do zaspokojenia podstawowych potrzeb. Szczegóły dotyczące każdego skarżącego i warunków detencji zostały przedstawione w załączonej tabeli.Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: łączy skargi; uznaje skargi za dopuszczalne w zakresie zarzutów dotyczących złych warunków detencji i braku skutecznego środka odwoławczego podczas strajku, a skargi o numerach 27068/16, 27071/16, 27074/16, 29146/16 i 31434/16 za niedopuszczalne w pozostałym zakresie; stwierdza naruszenie art. 3 i 13 Konwencji z powodu złych warunków detencji i braku skutecznego środka odwoławczego podczas strajku; zasądza od państwa pozwanego na rzecz skarżących kwoty wskazane w załączonej tabeli tytułem słusznego zadośćuczynienia, powiększone o odsetki za zwłokę; oddala pozostałe żądania słusznego zadośćuczynienia.Pełny tekst orzeczenia
TROISIÈME SECTION
AFFAIRE DETRY ET AUTRES c. BELGIQUE
(Requêtes nos 26565/16 et 6 autres requêtes - voir liste en annexe)
ARRET
STRASBOURG
4 juin 2020
Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme.
En l’affaire Detry et autres c. Belgique,
La Cour européenne des droits de l’homme (troisième section), siégeant en un comité composé de :
Dmitry Dedov, président,
Alena Poláčková,
Gilberto Felici, juges,
et de Liv Tigerstedt, greffière adjointe de section f.f.,
Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 30 avril 2020,
Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date :
PROCÉDURE
1. À l’origine de l’affaire se trouvent des requêtes dirigées contre la Belgique et dont la Cour a été saisie en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») aux différentes dates indiquées dans le tableau joint en annexe.
2. Les requêtes ont été communiquées au gouvernement belge (« le Gouvernement »).
EN FAIT
3. La liste des requérants et les précisions pertinentes sur les requêtes figurent dans le tableau joint en annexe.
4. Les requérants se plaignent principalement des mauvaises conditions de détention pendant la grève des agents pénitentiaires en 2016 et de l’absence de recours effectif en droit interne.
EN DROIT
SUR LA JONCTION DES REQUÊTES
5. Compte tenu de la similitude des requêtes, la Cour estime approprié de les examiner conjointement en un seul arrêt.
SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DES ARTICLES 3 ET 13 DE LA CONVENTION
6. Les requérants allèguent principalement avoir subi de mauvaises conditions de détention durant la grève des agents pénitentiaires qui a affecté en 2016 les établissements pénitentiaires dans lesquels ils étaient détenus et ne pas avoir disposé d’un recours effectif à cet égard.
7. Ils invoquent les articles 3 et 13 de la Convention, ainsi libellés :
Article 3
« Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. »
Article 13
« Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la (...) Convention ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale (...) »
8. La Cour observe que les requérants ont été détenus dans des conditions médiocres. Des précisions à ce sujet sont fournies pour chacun des requérants dans le tableau joint en annexe.
9. La Cour renvoie aux principes énoncés dans sa jurisprudence relative aux mauvaises conditions de détention (voir Muršić c. Croatie [GC], no 7334/13, §§ 96‑101, et 140, CEDH 2016). En particulier, la Cour a considéré qu’indépendamment de la nécessité de disposer d’espaces personnels suffisants, d’autres aspects des conditions matérielles de détention sont pertinents pour déterminer si elles sont conformes à l’article 3 (Muršić, précité, § 140). Elle a souvent considéré qu’un exercice en plein air d’une durée très limitée constituait un facteur qui aggravait la situation du requérant, confiné dans sa cellule pour le reste de la journée sans aucune liberté de mouvement (voir, par exemple, Canali c. France, no 40119/09, § 50, 25 avril 2013). Concernant l’installation sanitaire et l’hygiène, elle rappelle que l’accès, au moment voulu, à des toilettes convenables et le maintien de bonnes conditions d’hygiène sont des éléments essentiels d’un environnement humain et que les détenus doivent jouir d’un accès facile aux installations sanitaires et protégeant leur intimité (Ananyev et autres c. Russie, nos 42525/07 et 60800/08, §§ 156-157, 10 janvier 2012).
10. Dans l’arrêt de principe Clasens c. Belgique (no 26564/16, §§ 33‑39, 28 mai 2019), la Cour a conclu à la violation de l’article 3 de la Convention au sujet de questions similaires à celles qui font l’objet des présentes affaires. Elle a considéré que l’effet cumulé durant la grève de l’absence continue d’activité physique, des manquements répétés aux règles d’hygiène, de l’absence de contact avec le monde extérieur et de l’incertitude de voir ses besoins élémentaires satisfaits, a nécessairement engendré chez le requérant une détresse qui a excédé le niveau inévitable de souffrance inhérent à la mesure privative de liberté et que ces conditions de détention s’analysent en un traitement dégradant au sens de l’article 3 de la Convention.
11. Après examen de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis dans les présentes affaires, la Cour ne décèle aucun fait ou argument propre à la convaincre de parvenir à une conclusion différente quant à la recevabilité et au bien-fondé des griefs en question.
12. La Cour note par ailleurs que les requérants n’ont disposé d’aucun recours effectif en ce qui concerne ces griefs.
13. Il s’ensuit que ces griefs sont recevables et révèlent une violation des articles 3 et 13 de la Convention.
SUR LES AUTRES GRIEFS
14. Certains requérants dans les requêtes nos 27068/16, 27071/16, 27074/16, 29146/16 et 31434/16 ont également soulevé d’autres griefs sous l’angle de divers articles de la Convention.
15. La Cour a examiné les requêtes et constate, au vu de l’ensemble des éléments en sa possession, et pour autant que les faits litigieux relèvent de sa compétence, que ces griefs soit ne remplissent pas les critères de recevabilité énoncés aux articles 34 et 35 de la Convention, soit ne révèlent aucune apparence de violation des droits et libertés consacrés par la Convention ou ses Protocoles.
16. Il s’ensuit que cette partie des requêtes doit être rejetée en application de l’article 35 § 4 de la Convention.
SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION
17. Aux termes de l’article 41 de la Convention,
« Si la Cour déclare qu’il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d’effacer qu’imparfaitement les conséquences de cette violation, la Cour accorde à la partie lésée, s’il y a lieu, une satisfaction équitable. »
18. Eu égard aux documents en sa possession et à sa jurisprudence (Clasens, précité), la Cour estime raisonnable d’allouer les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe. Pour le surplus, elle rejette les prétentions que les requérants ont formulées sur ce terrain.
19. La Cour juge approprié de calquer le taux des intérêts moratoires sur le taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne majoré de trois points de pourcentage.
PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ,
Décide de joindre les requêtes ;
Déclare les requêtes recevables quant aux griefs concernant les mauvaises conditions de détention et l’absence de recours effectif pendant la grève, et les requêtes nos 27068/16, 27071/16, 27074/16, 29146/16 et 31434/16 irrecevables pour le surplus ;
Dit que ces griefs révèlent une violation des articles 3 et 13 de la Convention en raison des mauvaises conditions de détention et de l’absence d’un recours effectif pendant la grève ;
Dit
a) que l’État défendeur doit verser aux requérants, dans les trois mois, les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe ;
b) qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage ;
Rejette les demandes de satisfaction équitable pour le surplus.
Fait en français, puis communiqué par écrit le 4 juin 2020, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.
Liv Tigerstedt Dmitry Dedov
Greffière adjointe f.f. Président
ANNEXE
Liste de requêtes concernant des griefs tirés des articles 3 et 13 de la Convention
(mauvaises conditions de détention pendant les grèves et absence de recours effectif à cet égard)
No.
Numéro et date d’introduction de la requête
Nom du requérant et date de naissance
Nom et ville du représentant
Établissement
Dates de début et de fin
Durée
Problèmes dénoncés
Montant alloué pour dommage matériel et moral par requérant
(en euros)[1]
Montant alloué pour frais et dépens par requête
(en euros)[2]
26565/16
13/05/2016
Cyril DETRY
26/04/1987
Obradovic Marko
Nivelles
Ittre
Grève avril-juin 2016
Détérioration des conditions de détention (effet cumulatif du manque de
exercice, atteinte aux règles d’hygiène, manque de contact avec le monde extérieur et
incertitude)
3 500
1 500
27068/16
17/06/2016
(21 requérants)
Junior PASHI KABUNDA
06/05/1990
Dominique DELESPESSE
13/01/1964
Moïses HECHTERMANS
23/10/1982
Frederic TWARDON
17/04/1989
Georgios VARVERIS
29/03/1961
Farid BAMOUHAMMAD
09/12/1967
Gwenaëlle SELVON
23/02/1983
Nusret AHMETOVIC
15/06/1961
Rémi BLANKERS
04/08/1967
Jean-Marc CARON
20/05/1983
Lucien DORVAL
19/07/1967
Cristobal MOLINA FUENTES
24/10/1967
Eric PIRE
20/03/1964
Jacques VANKEERSBLUCK
17/02/1972
Karim OUAGUENI
13/07/1976
Renaud BAY
12/09/1984
Jonathan DESBESELLE
16/10/1984
Nathalie DENOZ
14/04/1975
Moncef KAABI
03/03/1967
Elias BAK
30/12/1959
Miguel ASENSIO GONZALEZ
05/04/1990
Junior Pashi Kabunda a été représenté par Sabine Debock. (Braine-le-Comte).
Les autres requérants par Marc Nève (Liège)
Jamioulx, Marche-en-Famenne, Lantin
Grève avril-juin 2016
Détérioration des conditions de détention (effet cumulatif du manque de
exercice, atteinte aux règles d’hygiène, manque de contact avec le monde extérieur et
incertitude)
3 500
1 500
27071/16
17/06/2016
(20 requérants)
Jean-Denis VAN DE WEERT
22/06/1970
Nathan PEREZ GARCIA
05/01/1989
David MANNELLA
04/03/1980
Jean-Marie THYS
26/09/1958
Gregory VANOORSCHOOT
17/04/1988
Lionel BONDO
25/09/1990
Vincent IZACARD
02/12/1982
Vladimir BUDISAVLJEVIC
12/06/1969
Olivier FALLA
01/12/1981
Albert PICARD
28/06/1968
Albert PICARD
03/08/1970
Abdelbasset CHEIBI
16/03/1968
Sadik YILMAZ
18/11/1995
Landawi KHAMIS
05/10/1983
Florin ILIE
06/01/1975
Marc THREIS
26/03/1981
Christophe JADOT
20/12/1976
Patrick NEUFORT
03/08/1959
Saïd AHMIDOUCH
26/05/1981
Eric GENOT
07/10/1969
Neve Marc
Liège
Lantin, Huy, l’établissement de défense sociale
de Paifve
Grève avril-juin 2016
Détérioration des conditions de détention (effet cumulatif du manque de
exercice, atteinte aux règles d’hygiène, manque de contact avec le monde extérieur et
incertitude)
3 500
1 500
27074/16
17/06/2016
(8 requérants)
Khalid ODDA
26/11/1968
Jacques BODET
28/03/1959
Bruno AMAND
27/07/1971
Sebastien DELCOL
08/08/1992
Omer HANS
07/10/1963
Sébastien VANDECASTEELE
19/07/1985
Joël GOSSET
01/03/1969
Grégory DEPRINCE
02/06/1983
Neve Marc
Liège
Jamioulx, Namur, Andenne
Grève avril-juin 2016
Détérioration des conditions de détention (effet cumulatif du manque de
exercice, atteinte aux règles d’hygiène, manque de contact avec le monde extérieur et
incertitude)
3 500
1 500
29146/16
28/06/2016
Musaba SELEMANI
25/05/1985
Mallants Nathan
Liège
Lantin
Grève avril-juin 2016
Détérioration des conditions de détention (effet cumulatif du manque de
exercice, atteinte aux règles d’hygiène, manque de contact avec le monde extérieur et
incertitude)
3 500
1 500
31434/16
06/07/2016
Tanguy LAURENT
24/08/1997
Mallants Nathan
Liège
Lantin
Grève avril-juin 2016
Détérioration des conditions de détention (effet cumulatif du manque de
exercice, atteinte aux règles d’hygiène, manque de contact avec le monde extérieur et
incertitude)
3 500
1 500
35842/17
12/05/2017
Bjorn MARCHAND
03/02/1978
Hamels Alexander
Brussels
Forest
Grève avril-juin 2016
Détérioration des conditions de détention (effet cumulatif du manque de
exercice, atteinte aux règles d’hygiène, manque de contact avec le monde extérieur et
incertitude)
3 500
1 500
[1] Plus tout montant pouvant être dû titre d'impôt par la partie requérante.
[2] Plus tout montant pouvant être dû titre d'impôt par la partie requérante.
© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 29.07.2026. · Źródło