35852/23;37204/23;38605/23;39231/23;40974/23;41581/23;41692/23

WyrokETPCz2025-01-23ECLI:CE:ECHR:2025:0123JUD003585223

Analiza orzeczenia

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Zagadnienie prawne
Czy niewykonanie lub opóźnione wykonanie krajowych orzeczeń sądowych przez władze publiczne, w połączeniu z brakiem skutecznych środków egzekucyjnych, stanowi naruszenie prawa do rzetelnego procesu sądowego i dostępu do sądu na podstawie art. 6 ust. 1 Konwencji?
Ratio decidendi
Trybunał przypomniał, że wykonanie orzeczenia sądowego jest integralną częścią "procesu" w rozumieniu art. 6 ust. 1 Konwencji. Stwierdził, że władze krajowe nie podjęły wszelkich niezbędnych wysiłków, aby zapewnić pełne i terminowe wykonanie orzeczeń sądowych na korzyść skarżących, które pozostawały niewykonane przez okres od dwóch do szesnastu lat. Dodatkowo, skarżący nie mieli możliwości wszczęcia postępowania egzekucyjnego z powodu przepisów krajowych (dekret legislacyjny nr 267 z 2000 r.) oraz stanu niewypłacalności gmin. W konsekwencji, Trybunał uznał, że doszło do naruszenia art. 6 ust. 1 Konwencji zarówno z powodu niewykonania/opóźnionego wykonania orzeczeń, jak i naruszenia prawa dostępu do sądu.
Stan faktyczny
Skarżący to osoby fizyczne, które uzyskały korzystne dla siebie orzeczenia sądów krajowych we Włoszech. Orzeczenia te dotyczyły m.in. odszkodowań za zajęcie i wywłaszczenie gruntów, odszkodowań za szkody, płatności za usługi profesjonalne oraz honorariów adwokackich. Mimo uprawomocnienia się tych orzeczeń, nie zostały one wykonane lub ich wykonanie było znacznie opóźnione przez gminy, które znajdowały się w stanie niewypłacalności (comuni in dissesto). Skarżący nie mieli również możliwości wszczęcia skutecznych postępowań egzekucyjnych zgodnie z krajowym dekretem legislacyjnym nr 267 z 2000 roku.
Rozstrzygnięcie
Decyduje o połączeniu skarg; Stwierdza, że spadkobiercy Pani Martine Terlin mają legitymację do kontynuowania postępowania; Uznaje skargi za dopuszczalne; Stwierdza naruszenie art. 6 § 1 Konwencji z powodu niewykonania lub opóźnionego wykonania krajowych orzeczeń sądowych oraz naruszenia prawa dostępu skarżących do sądu; Stwierdza, że nie ma potrzeby odrębnego rozpatrywania skarg na podstawie art. 13 Konwencji i art. 1 Protokołu nr 1; Nakazuje państwu pozwanemu, w terminie trzech miesięcy, zapewnić odpowiednimi środkami wykonanie wciąż oczekujących krajowych orzeczeń sądowych; Nakazuje państwu pozwanemu wypłacić skarżącym, w terminie trzech miesięcy, kwoty wskazane w załączniku, powiększone o odsetki.

Pełny tekst orzeczenia

PREMIÈRE SECTION AFFAIRE VITIELLO ET AUTRES c. ITALIE (Requêtes nos 35852/23 et 6 autres – voir liste en annexe)             ARRET STRASBOURG 23 janvier 2025   Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme.   En l’affaire Vitiello et autres c. Italie, La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un comité composé de :  Georgios A. Serghides, président,  Erik Wennerström,  Alain Chablais, juges, et de Viktoriya Maradudina, greffière adjointe de section f.f., Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 19 décembre 2024, Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date : PROCÉDURE 1.  À l’origine de l’affaire se trouvent des requêtes dirigées contre l’Italie et dont la Cour a été saisie en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») aux différentes dates indiquées dans le tableau joint en annexe. 2.  Les requêtes ont été communiquées au gouvernement italien (« le Gouvernement »). EN FAIT 3.  La liste des requérants et les précisions pertinentes sur les requêtes figurent dans le tableau joint en annexe. 4.  Au cours de la procédure, la requérante Mme Martine Terlin (requête no 41581/23) est décédée. Ses héritiers (voir le tableau en annexe) ont exprimé leur souhait de maintenir la requête. 5.  Les requérants se plaignent de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes de la part de municipalités en cessation de paiements (comuni in dissesto) et de l’impossibilité d’entamer des procédures afin d’obtenir l’exécution desdites décisions en vertu du décret législatif no 267 de 2000. EN DROIT SUR LA JONCTION DES REQUÊTES 6.  Compte tenu de la similitude des requêtes, la Cour estime approprié de les examiner conjointement en un seul arrêt. SUR LA QUALITÉ DES HÉRITIERS POUR AGIR DEVANT LA COUR 7.  La Cour note que les héritiers de la requérante Mme Martine Terlin (voir tableau en annexe) souhaitent maintenir la requête et que le Gouvernement ne s’y oppose pas. Eu égard aux liens familiaux et juridiques des intéressés avec la requérante et à leur intérêt légitime de poursuivre la procédure, la Cour accepte qu’ils poursuivent la requête (Janowiec et autres c. Russie [GC], nos 55508/07 et 29520/09, § 101, CEDH 2013). Pour des raisons d’ordre pratique, le présent arrêt continuera d’utiliser le terme « requérante » pour désigner Mme Martine Terlin. SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 6 § 1 ET L’ARTICLE 13 DE LA CONVENTION ET L’ARTICLE 1 DU PROTOCOLE NO. 1 8.  Les requérants se plaignent principalement de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes rendues en leur faveur et de l’impossibilité d’accéder à un tribunal afin d’obtenir l’exécution desdites décisions. Ils invoquent, expressément ou en substance, les articles 6 et 13 de la Convention et l’article 1 du Protocole no 1. 9.  La Cour rappelle que l’exécution d’un jugement ou arrêt, de quelque juridiction que ce soit, doit être considérée comme faisant partie intégrante du « procès » au sens de l’article 6. Elle renvoie par ailleurs à sa jurisprudence concernant l’inexécution ou l’exécution tardive de décisions de justice internes définitives (Hornsby c. Grèce, 19 mars 1997, § 40, Recueil des arrêts et décisions 1997‑II). 10.  La Cour note que, selon les informations fournies par les parties, les décisions internes demeurent non exécutées pendant des périodes allant de deux à seize ans. De plus, les requérants se trouvent dans l’impossibilité d’entamer une procédure d’exécution en vertu du décret législatif no 267 de 2000 et de l’état d’insolvabilité des municipalités. 11.  Dans les arrêts de principe Ventorino c. Italie, no 357/07, 17 mai 2011, De Trana c. Italie, no 64215/01, 16 octobre 2007, Nicola Silvestri c. Italie, no 16861/02, 9 juin 2009, et Antonetto c. Italie, no 15918/89, 20 juillet 2000, la Cour a conclu à la violation au sujet de questions similaires à celles qui font l’objet de la présente affaire. 12.  Après examen de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis, la Cour ne décèle aucun fait ou argument propre à la convaincre de parvenir à une conclusion différente quant à la recevabilité et au bien-fondé des griefs en question. Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, elle estime qu’en l’espèce les autorités n’ont pas déployé tous les efforts nécessaires pour faire exécuter pleinement et en temps voulu les décisions de justice rendues en faveur des requérants. 13.  Il s’ensuit que ces griefs révèlent une violation de l’article 6 § 1 en raison de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes et d’une atteinte au droit d’accès du requérant à un tribunal (voir Lighea Immobiliare S.A.S. et autres c. Italie, nos 54352/14 et autres, 18 janvier 2024). 14.  Au vu de ce qui précède la Cour estime qu’il n’est pas nécessaire d’examiner séparément les griefs formulés par les requérants sous l’angle de l’article 13 de la Convention et l’article 1 du Protocole no 1. SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION 15.  Eu égard aux documents en sa possession et à sa jurisprudence (Ventorino, De Trana, et Nicola Silvestri, précités), la Cour estime raisonnable d’allouer les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe. 16.  La Cour constate en outre que l’État défendeur demeure tenu d’exécuter les décisions de justice qui restent exécutoires. PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ, Décide de joindre les requêtes ; Dit que les héritiers de la requérante Mme Martine Terlin (requête no 41581/23), qui en ont manifesté le souhait, ont qualité pour poursuivre la présente procédure à sa place (voir le tableau joint en annexe) ; Déclare les requêtes recevables ; Dit que ces requêtes révèlent une violation de l’article 6 § 1 en raison de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes et d’une atteinte au droit d’accès des requérants à un tribunal ; Dit qu’il n’y a pas lieu d’examiner séparément les griefs formulés sur le terrain de l’article 13 de la Convention et l’article 1 du Protocole no 1 ; Dit que l’État défendeur doit, dans les trois mois, assurer par des moyens appropriés l’exécution des décisions de justice internes encore pendantes visées dans le tableau joint en annexe ; Dit a)    que l’État défendeur doit verser aux requérants, dans les trois mois, les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe ; b)    qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage. Fait en français, puis communiqué par écrit le 23 janvier 2025, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.  Viktoriya Maradudina Georgios A. Serghides Greffière adjointe f.f. Président   ANNEXE Liste de requêtes concernant des griefs tirés de l’article 6 § 1 de la Convention (inexécution ou exécution tardive de décisions de justice internes et refus d’accès aux tribunaux) No. Numéro et date d’introduction de la requête Nom du requérant et année de naissance Nom et ville du représentant Décision de justice interne pertinente Date de début de l’inexécution Date de fin de l’inexécution Délai d’exécution Injonction des juridictions internes Jurisprudence Montant alloué pour dommage moral par requérant / foyer (en euros)[1]   Montant alloué pour frais et dépens par requête (en euros)[2]     35852/23 21/09/2023 (3 requérants) Rosario VITIELLO   Egidio LIZZA   Raffaele RAUSO   Lizza Egidio Rome Cour d’Appel de Naples, R.G. 5113/2017, 06/04/2023   06/04/2023   en cours Plus de 1 année(s) et 7 mois   Municipalité de Bénévent, indemnités pour l’occupation et l’expropriation d’un terrain et paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013 1 600     37204/23 02/10/2023 (3 requérants) Giuseppe NIBALI   Laura FALSAPERNA   Carmela ROSANO   Ferrara Alessandro Bénévent Tribunal de Catane, R.G. 11792/2020, 29/04/2022   29/04/2022   en cours Plus de 2 année(s) et 6 mois et 8 jour(s)   Municipalité de Randazzo, indemnisation des dommages, frais de justice et paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario). De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013 3 200 pour NIBALDI Giuseppe et FALSAPERNA Laura, chacun;   1 500 pour ROSANO Carmela       38605/23 20/10/2023 Pierfrancesco Maria BISIGNANO   Pasquariello Gianpiero Caserte Tribunal de Santa Maria Capua Vetere, R.G. 973/2015, 06/05/2020   06/05/2020   en cours Plus de 4 année(s) et 6 mois   Municipalité de Bénévent, indemnisation des dommages et frais de justice. De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013 6 400     39231/23 19/10/2023 (3 requérants) Lorena LOMBARDI   Daniela SARRACINO   Maurizio ZEOLI   Romano Giovanni Bénévent Tribunal de Bénévent, R.G. 1441/2015, comme confirmé par l’arrêt de la cour d’appel de Naples, R.G. 730/2017 du 05/03/2021, 15/12/2016   Cour d’appel de Naples, R.G. 730/2017, 05/03/2021   15/12/2016                   05/03/2021   en cours Plus de 7 année(s) et 10 mois et 22 jour(s)               en cours Plus de 3 année(s) et 8 mois et 1 jour(s)   Municipalité de Bénévent paiement pour prestations professionnelles et paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013 9 600 pour LOMBARDI Lorena;   7 300 pour SARRACINO Daniela;   1 400 pour ZEOLI Maurizio     40974/23 13/11/2023 (3 requérants) Daniela SARRACINO   Enrico CAVALLO   Maurizio ZEOLI   Romano Giovanni Bénévent Tribunal de Bénévent, R.G. 951/2010, 23/05/2011   Tribunal de Bénévent, R.G. 688/2013, comme confirmée par l’arrêt de la cour d’appel de Naples du 09/12/2019, R.G. 107/2017, 22/09/2016   Cour d’appel de Naples, R.G. 107/2017, 09/12/2019   23/05/2011         22/09/2016                   09/12/2019   en cours Plus de 13 année(s) et 5 mois et 14 jour(s)   en cours Plus de 8 année(s) et 1 mois et 15 jour(s)               en cours Plus de 4 année(s) et 10 mois et 28 jour(s)   Municipalité de Bénévent ; paiement pour prestations professionnelles et paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013 12 500 pour CAVALLO Enrico;   pour SARRACINO Daniela et ZEOLI Maurizio, chacun     41581/23 16/11/2023 (3 requérants) Alexandra LEONETTI   Raphael LEONETTI   Martine TERLIN Décédée en 2024   Héritiers (Foyer): Alexandra LEONETTI   Raphael LEONETTI Tozzi Silvano Naples Cour d’appel de Naples, R.G. 2438/2013, 29/06/2016   29/06/2016   en cours Plus de 8 année(s) et 4 mois et 8 jour(s)   Municipalité de Caserte. Indemnité d’expropriation. De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013 9 600     41692/23 18/11/2023 (5 requérants) Maria Rosaria CALAFIORE   Leonardo Alberto Maria BENVENUTI   Oscar Andrea Maria BENVENUTI SCIASCIA   Gaetana CALAFIORE   Lucia CALAFIORE Baldassini Rocco Sora Cour d’appel de Caltanissetta, R.G. 728/2017 Comme redéterminée par l’arrêt de la Cour de cassation du 26 avril 2023, R.G. 25416/2021, 17/09/2021   17/09/2021   en cours Plus de 3 année(s) et 1 mois et 20 jour(s)   Municipalité de Gela. Indemnité d’expropriation De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013 4 000   [1] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante. [2] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.

© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 28.07.2026. · Źródło