38566/23;5793/24;8177/24;8545/24;8551/24
WyrokETPCz2026-02-26ECLI:CE:ECHR:2026:0226JUD003856623
Analiza orzeczenia
Sekcja wygenerowana przez AI na podstawie treści orzeczenia — nie stanowi cytatu.
Zagadnienie prawne
Czy niewykonanie krajowych orzeczeń sądowych oraz brak możliwości wszczęcia postępowania egzekucyjnego w celu ich wyegzekwowania narusza prawo do rzetelnego procesu (art. 6 § 1 Konwencji) oraz prawo do poszanowania mienia (art. 1 Protokołu nr 1)?Ratio decidendi
Trybunał potwierdził swoją ugruntowaną jurysprudencję, zgodnie z którą wykonanie orzeczenia sądowego jest integralną częścią „procesu” w rozumieniu art. 6 § 1 Konwencji. Stwierdził, że władze krajowe nie podjęły wszelkich niezbędnych wysiłków, aby w pełni i terminowo wykonać orzeczenia na korzyść skarżących. Dodatkowo, Trybunał uznał, że niemożność wszczęcia postępowania egzekucyjnego przeciwko dłużnym konsorcjom, ze względu na ich publiczny charakter, stanowi naruszenie prawa dostępu do sądu, powołując się na podobne okoliczności w sprawie De Luca. W odniesieniu do art. 1 Protokołu nr 1, Trybunał również odwołał się do swojej ugruntowanej jurysprudencji w podobnych sprawach.Stan faktyczny
Skarżący, w tym Giacomo Montecuollo, Chiara Fazio, Salvatore Frontera, Mariantonietta Frontera, Luisa Ragusi, Vincenzo Santoro, Angelo Biele, Anna Biele i Aurora Biele, wnieśli skargi przeciwko Włochom. Skarżyli się na niewykonanie krajowych orzeczeń sądowych, które zostały wydane na ich korzyść w związku z wykonanymi usługami zawodowymi. Dodatkowo, skarżący twierdzili, że obowiązujące przepisy uniemożliwiają im wszczęcie postępowania egzekucyjnego przeciwko dłużnym konsorcjom w stanie likwidacji, co stanowi odmowę dostępu do sądu.Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: decyduje o połączeniu skarg; uznaje skargi za dopuszczalne; stwierdza naruszenie art. 6 § 1 Konwencji z powodu niewykonania krajowych orzeczeń sądowych i odmowy dostępu do sądu; stwierdza naruszenie art. 1 Protokołu nr 1; nakazuje państwu pozwanemu, w ciągu trzech miesięcy, zapewnić odpowiednimi środkami wykonanie krajowych orzeczeń sądowych, które są nadal w toku; nakazuje państwu pozwanemu wypłacić skarżącym, w ciągu trzech miesięcy, kwoty wskazane w załączonej tabeli, powiększone o odsetki.Pełny tekst orzeczenia
PREMIÈRE SECTION
AFFAIRE MONTECUOLLO ET AUTRES c. ITALIE
(Requêtes nos 38566/23 et 4 autres – voir liste en annexe)
ARRET
STRASBOURG
26 février 2026
Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme.
En l’affaire Montecuollo et autres c. Italie,
La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un comité composé de :
Artūrs Kučs, président,
Raffaele Sabato,
Anna Adamska-Gallant, juges,
et de Viktoriya Maradudina, greffière adjointe de section f.f.,
Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 5 février 2026,
Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date :
PROCÉDURE
1. À l’origine de l’affaire se trouvent des requêtes dirigées contre l’Italie et dont la Cour a été saisie en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») aux différentes dates indiquées dans le tableau joint en annexe.
2. Les requêtes ont été communiquées au gouvernement italien (« le Gouvernement »).
EN FAIT
3. La liste des requérants et les précisions pertinentes sur les requêtes figurent dans le tableau joint en annexe.
4. Les requérants se plaignent de l’inexécution de décisions de justice internes adoptées au bénéfice des requérants pour des prestations professionnelles effectuées.
EN DROIT
SUR LA JONCTION DES REQUÊTES
5. Compte tenu de la similitude des requêtes, la Cour estime approprié de les examiner conjointement en un seul arrêt.
SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 6 § 1 DE LA CONVENTIONSur la violation alléguée de l’article 6 § 1 de la Convention concernant la non-exécution des décisions de justice
6. Les requérants se plaignent principalement de l’inexécution de décisions de justice internes rendues en leur faveur. Ils invoquent, expressément ou en substance, l’article 6 § 1 de la Convention.
7. La Cour rappelle que l’exécution d’un jugement ou arrêt, de quelque juridiction que ce soit, doit être considérée comme faisant partie intégrante du « procès » au sens de l’article 6. Elle renvoie par ailleurs à sa jurisprudence concernant l’inexécution ou l’exécution tardive de décisions de justice internes définitives (Hornsby c. Grèce, 19 mars 1997, § 40, Recueil des arrêts et décisions 1997‑II).
8. Dans les arrêts de principe Ventorino c. Italie, no 357/07, 17 mai 2011, De Trana c. Italie, no 64215/01, 16 octobre 2007, Nicola Silvestri c. Italie, no 16861/02, 9 juin 2009, Antonetto c. Italie, no 15918/89, 20 juillet 2000, la Cour a conclu à la violation au sujet de questions similaires à celles qui font l’objet de la présente affaire.
9. Après examen de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis, la Cour ne décèle aucun fait ou argument propre à la convaincre de parvenir à une conclusion différente quant à la recevabilité et au bien-fondé des griefs en question. Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, elle estime qu’en l’espèce les autorités n’ont pas déployé tous les efforts nécessaires pour faire exécuter pleinement et en temps voulu les décisions de justice rendues en faveur des requérants.
10. Il s’ensuit que ces griefs sont recevables et révèlent une violation de l’article 6 § 1 de la Convention concernant la non-exécution des décisions de justice.
Sur la violation alléguée de l’article 6 de la Convention concernant l’accès au tribunal
11. Tirant grief de l’article 6 § 1 de la Convention, les requérants se plaignent également du fait que la normative applicable aux consortiums débiteurs en état de liquidation leur empêche d’entamer toute procédure d’exécution pour obtenir le recouvrement de leurs créances.
12. La Cour rappelle que, s’agissant des créanciers d’une collectivité locale en cessation de paiement, elle a déclaré que l’impossibilité d’entamer une procédure d’exécution constituait une violation de l’article 6 § 1 de la Convention (De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013). À la lumière des éléments qui lui ont été soumis par les parties et de la normative interne pertinente résumée dans les arrêts Riccio c. Italie, (no 33599/23, §§ 6-10, 23 janvier 2025) et Pronto Interventi Sida di Butera Francesco c. Italie (no 31429/23, §§ 5-9, 23 janvier 2025), la Cour considère que les circonstances de l’espèce sont comparables à celles de l’affaire à l’origine de l’arrêt De Luca (précité).
13. Il s’ensuit que le grief est recevable et révèle une violation de l’article 6 § 1 de la Convention concernant l’accès au tribunal.
SUR LES AUTRES VIOLATIONS ALLÉGUÉES RELEVANT D’UNE JURISPRUDENCE BIEN ÉTABLIE
14. Les requérants ont formulé un autre grief tiré de l’article 1 du Protocole no 1 relatif à l’inexécution des décisions de justice internes rendues en leur faveur (voir tableau joint en annexe). Constatant que ces griefs ne sont pas manifestement mal fondés au sens de l’article 35 § 3 a) de la Convention et ne se heurtent à aucun autre motif d’irrecevabilité, la Cour les déclare recevables. Après examen de l’ensemble des éléments en sa possession, elle conclut qu’ils révèlent également des violations de la Convention, eu égard à ses constats dans Ventorino (précité).
SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION
15. Eu égard aux documents en sa possession et à sa jurisprudence (Ventorino, De Trana, Nicola Silvestri et Antonetto, précités), la Cour estime raisonnable d’allouer les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe.
16. La Cour constate en outre que l’État défendeur demeure tenu d’exécuter les décisions de justice qui restent exécutoires.
PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ,
Décide de joindre les requêtes ;
Déclare les requêtes recevables ;
Dit que ces requêtes révèlent une violation de l’article 6 § 1 de la Convention en raison de l’inexécution de décisions de justice internes et refus d’accès au tribunal (voir tableau joint en annexe) ;
Dit qu’il y a eu violation de l’article 1 du Protocol no 1 en ce qui concerne les autres griefs relevant de la jurisprudence bien établie de la Cour (voir tableau joint en annexe) ;
Dit que l’État défendeur doit, dans les trois mois, assurer par des moyens appropriés l’exécution des décisions de justice internes encore pendantes visées dans le tableau joint en annexe ;
Dit
a) que l’État défendeur doit verser aux requérants, dans les trois mois, les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe;
b) qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage.
Fait en français, puis communiqué par écrit le 26 février 2026, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.
Viktoriya Maradudina Artūrs Kučs
Greffière adjointe f.f. Président
ANNEXE
Liste de requêtes concernant des griefs tirés de l’article 6 § 1 de la Convention
(inexécution ou exécution tardive de décisions de justice internes)
No.
Numéro et date d’introduction de la requête
Nom du requérant et année de naissance
Nom et ville du représentant
Décision de justice interne pertinente
Date de début de l’inexécution
Date de fin de l’inexécution
Délai d’exécution
Injonction des juridictions internes
Jurisprudence
Autres griefs relevant de la jurisprudence bien établie
Montant alloué pour dommage moral par requérant /foyer
(en euros)[1]
Montant alloué pour frais et dépens par requête
(en euros)[2]
38566/23
20/10/2023
Giacomo MONTECUOLLO
Pasquariello Gianpiero
Caserte
Juge de paix de Sessa Aurunca, R.G. 22/2018, 28/02/2018
Juge de paix de Sessa Aurunca, R.G. 16/2018, 14/02/2018
Juge de paix de Sessa Aurunca, R.G. 14/2018, 23/02/2018
Juge de paix de Sessa Aurunca, R.G. 11/2018, 28/02/2018
Juge de paix de Sessa Aurunca, R.G. 2/2018, 28/02/2018
02/05/2018
02/05/2018
02/05/2018
02/05/2018
02/05/2018
en cours
Plus de 6 année(s) et 6 mois et 4 jour(s)
en cours
Plus de 6 année(s) et 6 mois et 4 jour(s)
en cours
Plus de 6 année(s) et 6 mois et 4 jour(s)
en cours
Plus de 6 année(s) et 6 mois et 4 jour(s)
en cours
Plus de 6 année(s) et 6 mois et 4 jour(s)
Consorzio Aurunco di Bonifica, paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario).
Ferrara et autres c. Italie,
no 70617/13,
16 décembre 2021
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales ;
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - Le requérant se plaint de ne pouvoir engager aucune action civile ou administrative afin d’obtenir l’exécution des injonctions de paiement en raison de la nature publique du Consortium
12 500
5793/24
15/02/2024
(3 requérants)
Foyer
Chiara FAZIO
Salvatore FRONTERA
Mariantonietta FRONTERA
Verri Francesco
Crotone
Tribunal de Cosence, R.G. 525/1995, 16/01/2006
Tribunal de Cosence, R.G. 3111/2007, 15/06/2007
17/03/2006
23/01/2008
en cours
Plus de 18 année(s) et 7 mois et 20 jour(s)
en cours
Plus de 16 année(s) et 9 mois et 14 jour(s)
Consorzio di Bonifica della Piana di Sibari e della Media Valle del Crati. Paiement pour prestations professionnelles.
Ferrara et autres c. Italie,
no 70617/13,
16 décembre 2021
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales ;
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - Les requérants se plaignent de ne pouvoir engager aucune action civile ou administrative afin d’obtenir l’exécution du jugement et du décret.
16 200
8177/24
07/03/2024
Luisa RAGUSI
Biondi Pasquale
Telese Terme
Tribunal de Bénévent, R.G. 525/2016, 16/02/2016
Tribunal de Bénévent, R.G. 1092/2017, 23/03/2017
Tribunal de Bénévent, R.G. 742/2020, 19/03/2020
Tribunal de Bénévent, R.G. 1293/2021, 26/04/2021
Tribunal de Bénévent, R.G. 2853/2022, 07/07/2022
Tribunal de Bénévent, R.G. 5287/2022, 27/01/2023
16/02/2016
23/03/2017
19/03/2020
26/04/2021
07/07/2022
27/01/2023
en cours
Plus de
8 année(s) et
8 mois et
21 jour(s)
en cours
Plus de
7 année(s) et
7 mois et
14 jour(s)
en cours
Plus de
4 année(s) et
7 mois et
18 jour(s)
en cours
Plus de
3 année(s) et
6 mois et
11 jour(s)
en cours
Plus de
2 année(s) et
3 mois et
30 jour(s)
en cours
Plus de
1 année(s) et
9 mois et
10 jour(s)
Consorzio Smaltimento Rifiuti Benevento 2, paiement pour prestations professionnelles.
Ferrara et autres c. Italie,
no 70617/13,
16 décembre 2021
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - La requérante se plaint de ne pouvoir engager aucune action civile ou administrative afin d’obtenir l’exécution des injonctions de paiement en raison de la nature publique du Consortium
16 200
8545/24
07/03/2024
Vincenzo SANTORO
Biondi Pasquale
Telese Terme
Tribunal de Bénévent, R.G. 2190/2011, 12/05/2011
Tribunal de Bénévent, R.G. 4765/2014, 18/04/2016
12/05/2011
18/04/2016
en cours
Plus de
13 année(s) et 5 mois et
25 jour(s)
en cours
Plus de
8 année(s) et
6 mois et
19 jour(s)
Consorzio Smaltimento Rifiuti Benevento BN1,
paiement pour prestations professionnelles.
Ferrara et autres c. Italie,
no 70617/13,
16 décembre 2021
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales ;
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - Le requérant se plaint de ne pouvoir engager aucune action civile ou administrative afin d’obtenir l’exécution des injonctions de paiement en raison de la nature publique du Consortium
16 200
8551/24
07/03/2024
(3 requérants)
Foyer
Angelo BIELE
Anna BIELE
Aurora BIELE
Biondi Pasquale
Telese Terme
Tribunal de Bénévent, R.G. 4574/2011, 21/09/2011
Tribunal de Bénévent, R.G. 5313/2013, 25/05/2015
21/09/2011
25/05/2015
en cours
Plus de
13 année(s) et 1 mois et
16 jour(s)
en cours
Plus de
9 année(s) et
5 mois et
12 jour(s)
Consorzio Smaltimento Rifiuti Benevento 3, paiement pour prestations professionnelles.
Ferrara et autres c. Italie,
no 70617/13,
16 décembre 2021
Prot. 1 Art. 1 - absence du ou retard dans le paiement d’une créance de la part des autorités nationales ;
Art. 6 (1) - refus d’accès aux tribunaux - Les requérants se plaignent de ne pouvoir engager aucune action civile ou administrative afin d’obtenir l’exécution des injonctions de paiement en raison de la nature publique du Consortium
16 200
[1] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.
[2] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.
© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 25.07.2026. · Źródło