45658/09

WyrokETPCz2012-04-17ECLI:CE:ECHR:2012:0417JUD004565809

Analiza orzeczenia

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Zagadnienie prawne
Czy przewlekłość postępowania karnego naruszyła prawo do rozpoznania sprawy w rozsądnym terminie z art. 6 ust. 1 Konwencji oraz czy brak skutecznego środka odwoławczego w prawie krajowym stanowił naruszenie art. 13 Konwencji?
Ratio decidendi
Trybunał uznał, że postępowanie karne trwające trzy lata i dziewięć miesięcy w jednej instancji, z czterema odroczeniami rozpraw niezawinionymi przez skarżących, było nadmiernie długie i naruszyło zasadę rozsądnego terminu z art. 6 ust. 1 Konwencji. Trybunał powołał się na swoją ugruntowaną jurysprudencję dotyczącą kryteriów oceny rozsądnego terminu. Ponadto, Trybunał potwierdził swoją wcześniejszą linię orzeczniczą, zgodnie z którą grecki system prawny nie oferuje skutecznego środka odwoławczego w rozumieniu art. 13 Konwencji w sprawach dotyczących przewlekłości postępowań karnych, co stanowiło odrębne naruszenie.
Stan faktyczny
Skarżący, Stefanos Laimos i Vlasios Kalafatis, byli obywatelami Grecji. W maju 2005 roku wszczęto przeciwko nim postępowanie karne w związku z nieumyślnym spowodowaniem obrażeń ciała. Postępowanie w pierwszej instancji, prowadzone przed sądem karnym w Atenach, trwało trzy lata i dziewięć miesięcy, kończąc się wyrokiem z 18 lutego 2009 roku. W tym czasie rozprawa była czterokrotnie odraczana, nie na wniosek skarżących.
Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie: 1. Uznaje skargę za dopuszczalną; 2. Stwierdza naruszenie art. 6 § 1 Konwencji; 3. Stwierdza naruszenie art. 13 Konwencji; 4. Orzeka, że państwo pozwane ma zapłacić każdemu ze skarżących, w terminie trzech miesięcy, 3 000 EUR tytułem szkody moralnej, powiększone o wszelkie należne podatki; 5. Oddala pozostałą część żądania słusznego zadośćuczynienia.

Pełny tekst orzeczenia

PREMIÈRE SECTION             AFFAIRE LAIMOS ET KALAFATIS c. GRÈCE   (Requête no 45658/09)                   ARRÊT         STRASBOURG   17 avril 2012     Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme.   En l’affaire Laimos et Kalafatis c. Grèce, La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un Comité composé de :  Anatoly Kovler, président,  Mirjana Lazarova Trajkovska,  Erik Møse, juges, et de André Wampach, greffier adjoint de section, Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 27 mars 2012, Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date : PROCÉDURE 1.  A l’origine de l’affaire se trouve une requête (no 45658/09) dirigée contre la République hellénique et dont deux ressortissants de cet Etat, MM. Stefanos Laimos et Vlasios Kalafatis (« les requérants »), ont saisi la Cour le 7 août 2009 en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention »). 2.  Les requérants sont représentés par Me S. Glentzi, avocate au barreau d’Athènes. Le gouvernement grec (« le Gouvernement ») est représenté par la déléguée de son agent, Mme G. Papadaki, assesseure auprès du Conseil juridique de l’Etat. 3.  Le 4 mai 2010, la requête a été communiquée au Gouvernement. EN FAIT LES CIRCONSTANCES DE L’ESPÈCE 4.  Les requérants sont nés respectivement en 1951 et 1978 et résident à Athènes. 5.  Les 16 et 5 mai 2005 respectivement, des poursuites pénales furent engagées contre les requérants pour blessures corporelles par négligence. L’audience en première instance, fixée initialement au 20 novembre 2006, fut ajournée à quatre reprises. Aucun ajournement n’eut lieu à la demande des requérants. 6.  Le 18 février 2009, le tribunal correctionnel d’Athènes mit fin aux poursuites pénales (jugement no 14086/2009). Ce jugement est devenu irrévocable.   EN DROIT I.  SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 6 § 1 DE LA CONVENTION 7.  Les requérants allèguent que la durée de la procédure a méconnu le principe du « délai raisonnable » tel que prévu par l’article 6 § 1 de la Convention, ainsi libellé : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue (...) dans un délai raisonnable, par un tribunal (...), qui décidera (...) du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. » 8.  Le Gouvernement n’a pas soumis d’observations. 9.  La période à considérer a débuté les 16 et 5 mai 2005 avec les poursuites pénales engagées respectivement contre les requérants et s’est terminée le 18 février 2009 avec le jugement no 14086/2009 du tribunal correctionnel d’Athènes. Elle a donc duré trois ans et neuf mois environ pour un degré de juridiction. A.  Sur la recevabilité 10.  La Cour constate que ce grief n’est pas manifestement mal fondé au sens de l’article 35 § 3 (a) de la Convention. Elle relève en outre qu’il ne se heurte à aucun autre motif d’irrecevabilité. Il convient donc de le déclarer recevable. B.  Sur le fond 11.  La Cour rappelle que le caractère raisonnable de la durée d’une procédure s’apprécie suivant les circonstances de la cause et eu égard aux critères consacrés par la jurisprudence de la Cour, en particulier la complexité de l’affaire, le comportement du requérant et celui des autorités compétentes (voir, parmi beaucoup d’autres, Pélissier et Sassi c. France [GC], no 25444/94, § 67, CEDH 1999-II) 12.  La Cour a traité à maintes reprises d’affaires soulevant des questions semblables à celle du cas d’espèce et a constaté la violation de l’article 6 § 1 de la Convention (voir Pélissier et Sassi précité). 13.  Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, la Cour estime qu’en l’espèce la durée de la procédure litigieuse est excessive et ne répond pas à l’exigence du « délai raisonnable ». Partant, il y a eu violation de l’article 6 § 1. II.  SUR LA VIOLATION ALLÉGUÉE DE L’ARTICLE 13 DE LA CONVENTION 14.  Les requérants se plaignent également du fait qu’en Grèce il n’existe aucun recours effectif pour se plaindre de la durée excessive de la procédure. Ils invoquent l’article 13 de la Convention, ainsi libellé : « Toute personne dont les droits et libertés reconnus dans la (...) Convention ont été violés, a droit à l’octroi d’un recours effectif devant une instance nationale, alors même que la violation aurait été commise par des personnes agissant dans l’exercice de leurs fonctions officielles. » A.  Sur la recevabilité 15.  La Cour constate que ce grief n’est pas manifestement mal fondé au sens de l’article 35 § 3 de la Convention. La Cour relève par ailleurs que celui-ci ne se heurte à aucun autre motif d’irrecevabilité. Il convient donc de le déclarer recevable. B.  Sur le fond 16.  La Cour rappelle que l’article 13 garantit un recours effectif devant une instance nationale permettant de se plaindre d’une méconnaissance de l’obligation, imposée par l’article 6 § 1, d’entendre les causes dans un délai raisonnable (voir Kudła c. Pologne [GC], no 30210/96, § 156, CEDH 2000‑XI). 17.  Par ailleurs, la Cour a déjà eu l’occasion de constater que l’ordre juridique hellénique n’offre pas aux intéressés un recours effectif au sens de l’article 13 de la Convention leur permettant de se plaindre de la durée d’une procédure pénale (voir mutatis mutandis, Konti-Arvaniti c. Grèce, no 53401/99, §§ 29-30, 10 avril 2003 et Tsoukalas c. Grèce, no 12286/08, §§ 37-43, 22 juillet 2010). La Cour ne distingue en l’espèce aucune raison de s’écarter de cette jurisprudence, d’autant plus que le Gouvernement n’affirme pas que l’ordre juridique hellénique fût entre-temps doté d’une telle voie de recours en matière pénale. 18.  Dès lors, la Cour estime qu’en l’espèce il y a eu violation de l’article 13 de la Convention en raison de l’absence en droit interne d’un recours qui aurait permis aux requérants d’obtenir la sanction de leur droit à voir leur cause entendue dans un délai raisonnable, au sens de l’article 6 § 1 de la Convention. III.  SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION 19.  Aux termes de l’article 41 de la Convention, « Si la Cour déclare qu’il y a eu violation de la Convention ou de ses Protocoles, et si le droit interne de la Haute Partie contractante ne permet d’effacer qu’imparfaitement les conséquences de cette violation, la Cour accorde à la partie lésée, s’il y a lieu, une satisfaction équitable. » A.  Dommage 20.  Les requérants réclament chacun 10 000 euros (EUR) au titre du préjudice moral qu’ils auraient subi. 21.  Le Gouvernement estime qu’un constat de violation constituerait une satisfaction équitable suffisante. A titre alternatif, il note que la somme allouée à ce titre ne saurait dépasser 2 000 EUR pour chacun des requérants. 22.  La Cour estime qu’il y a lieu d’octroyer 3 000 EUR à chacun des requérants au titre du préjudice moral, plus tout montant pouvant être dû à titre d’impôt. B.  Frais et dépens 23.  Les requérants n’ont présenté aucune demande au titre des frais et dépens. Partant, la Cour estime qu’il n’y a pas lieu de leur octroyer de somme à ce titre. C.  Intérêts moratoires 24.  La Cour juge approprié de calquer le taux des intérêts moratoires sur le taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne majoré de trois points de pourcentage. PAR CES MOTIFS, LA COUR À L’UNANIMITÉ, 1.  Déclare la requête recevable ;   2.  Dit qu’il y a eu violation de l’article 6 § 1 de la Convention ;   3.  Dit qu’il y a eu violation de l’article 13 de la Convention ;   4.  Dit a)  que l’Etat défendeur doit verser à chacun des requérants, dans les trois mois, 3 000 EUR (trois mille euros), plus tout montant pouvant être dû à titre d’impôt, pour dommage moral ; b)  qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ce montant sera à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage ;   5.  Rejette la demande de satisfaction équitable pour le surplus. Fait en français, puis communiqué par écrit le 17 avril 2012, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement. André Wampach Anatoly Kovler  Greffier adjoint Président

© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 14.07.2026. · Źródło