4954/23;5143/23;5451/23;6255/23
WyrokETPCz2024-10-10ECLI:CE:ECHR:2024:1010JUD000495423
Analiza orzeczenia
Sekcja wygenerowana przez AI na podstawie treści orzeczenia — nie stanowi cytatu.
Zagadnienie prawne
Czy niewykonanie lub opóźnione wykonanie prawomocnych orzeczeń sądów krajowych oraz brak możliwości wszczęcia postępowania egzekucyjnego przez skarżących stanowi naruszenie prawa do rzetelnego procesu (art. 6 ust. 1 Konwencji)?Ratio decidendi
Trybunał przypomniał, że wykonanie orzeczenia sądowego jest integralną częścią „procesu” w rozumieniu art. 6 Konwencji. Stwierdził, że władze krajowe nie podjęły wszelkich niezbędnych wysiłków, aby w pełni i terminowo wykonać orzeczenia sądowe wydane na korzyść skarżących, a także nieproporcjonalnie ograniczyły ich prawo dostępu do sądu. Opierając się na swoim ugruntowanym orzecznictwie w podobnych sprawach, Trybunał uznał, że niewykonanie lub opóźnione wykonanie orzeczeń oraz niemożność wszczęcia postępowania egzekucyjnego przez okres od czterech do sześciu lat stanowi naruszenie art. 6 ust. 1 Konwencji.Stan faktyczny
Skarżący, w tym Carlo Cocozza di Montanara i inni oraz spółka EUROIMPIANTI S.A.S. DI MARIA SOLLA, uzyskali prawomocne orzeczenia sądów krajowych we Włoszech. Orzeczenia te dotyczyły odszkodowań, odsetek za zwłokę, honorariów adwokackich i płatności za usługi, a zostały wydane przeciwko gminom znajdującym się w stanie niewypłacalności (comuni in dissesto). Skarżący skarżyli się, że orzeczenia te nie zostały wykonane lub zostały wykonane z opóźnieniem, a także, że nie mogli wszcząć postępowania egzekucyjnego przez okres od czterech do sześciu lat, powołując się na dekret legislacyjny nr 267 z 2000 r.Rozstrzygnięcie
Trybunał jednogłośnie:
- Postanawia połączyć skargi;
- Uznaje skargi za dopuszczalne;
- Stwierdza naruszenie art. 6 § 1 Konwencji z powodu niewykonania lub opóźnionego wykonania orzeczeń sądów krajowych oraz naruszenia prawa skarżących do dostępu do sądu;
- Stwierdza, że nie ma potrzeby odrębnego rozpatrywania skarg wniesionych na podstawie art. 13 Konwencji i art. 1 Protokołu nr 1;
- Stwierdza, że państwo pozwane musi w ciągu trzech miesięcy zapewnić, za pomocą odpowiednich środków, wykonanie wciąż oczekujących orzeczeń sądów krajowych, o których mowa w załączniku;
- Stwierdza, że państwo pozwane musi w ciągu trzech miesięcy wypłacić skarżącym kwoty wskazane w załączniku, powiększone o odsetki za opóźnienie w przypadku zwłoki;
- Oddala pozostałe żądania słusznego zadośćuczynienia.Pełny tekst orzeczenia
PREMIÈRE SECTION
AFFAIRE COCOZZA DI MONTANARA ET AUTRES c. ITALIE
(Requête no 4954/23 et 3 autres requêtes
– voir liste en annexe)
ARRÊT
STRASBOURG
10 octobre 2024
Cet arrêt est définitif. Il peut subir des retouches de forme.
En l’affaire Cocozza di Montanara et autres c. Italie,
La Cour européenne des droits de l’homme (première section), siégeant en un comité composé de :
Krzysztof Wojtyczek, président,
Lətif Hüseynov,
Erik Wennerström, juges,
et de Viktoriya Maradudina, greffière adjointe de section f.f.,
Après en avoir délibéré en chambre du conseil le 19 septembre 2024,
Rend l’arrêt que voici, adopté à cette date :
PROCÉDURE
1. À l’origine de l’affaire se trouvent des requêtes dirigées contre l’Italie et dont la Cour a été saisie en vertu de l’article 34 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (« la Convention ») aux différentes dates indiquées dans le tableau joint en annexe.
2. Les requêtes ont été communiquées au gouvernement italien (« le Gouvernement »).
EN FAIT
3. La liste des requérants et les précisions pertinentes sur les requêtes figurent dans le tableau joint en annexe.
4. Les requérants se plaignent de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes de la part de municipalités en cessation de paiements (comuni in dissesto) et de l’impossibilité d’entamer des procédures afin d’obtenir l’exécution desdites décisions en vertu du décret législatif
no 267 de 2000.
EN DROIT
SUR LA JONCTION DES REQUÊTES
5. Compte tenu de la similitude des requêtes, la Cour estime approprié de les examiner conjointement en un seul arrêt.
SUR LES VIOLATIONS ALLÉGUÉES DE L’ARTICLE 6 § 1 ET L’ARTICLE 13 DE LA CONVENTION ET DE L’ARTICLE 1 DU PROTOCOL No 1
6. Les requérants se plaignent principalement de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes rendues en leur faveur et de l’impossibilité d’accéder à un tribunal afin d’obtenir l’exécution desdites décisions. Ils invoquent, expressément ou en substance, les articles 6 et 13 de la Convention et l’article 1 du Protocole no 1.
7. La Cour rappelle que l’exécution d’un jugement ou arrêt, de quelque juridiction que ce soit, doit être considérée comme faisant partie intégrante du « procès » au sens de l’article 6. Elle renvoie par ailleurs à sa jurisprudence concernant l’inexécution ou l’exécution tardive de décisions de justice internes définitives (Hornsby c. Grèce, 19 mars 1997, § 40, Recueil des arrêts et décisions 1997‑II).
8. La Cour note que, selon les informations fournies par les parties, les décisions internes demeurent non exécutées pendant des périodes allant de quatre à six ans. De plus, les requérants se trouvent dans l’impossibilité d’entamer une procédure d’exécution pour des périodes allant de quatre à six ans (voir tableau en annexe).
9. Dans les arrêts de principe De Luca c. Italie, no 43870/04, 24 septembre 2013, Pennino c. Italie, no 43892/04, 24 septembre 2013, Ventorino c. Italie, no 357/07, 17 mai 2011, De Trana c. Italie, no 64215/01, 16 octobre 2007, Nicola Silvestri c. Italie, no 16861/02, 9 juin 2009, Antonetto c. Italie, no 15918/89, 20 juillet 2000, la Cour a conclu à la violation au sujet de questions similaires à celles qui font l’objet de la présente affaire.
10. Après examen de l’ensemble des éléments qui lui ont été soumis et notamment des arguments avancés par le Gouvernement, la Cour ne décèle aucun fait ou argument propre à la convaincre de parvenir à une conclusion différente quant à la recevabilité et au bien-fondé des griefs en question. Compte tenu de sa jurisprudence en la matière, elle estime qu’en l’espèce les autorités n’ont pas déployé tous les efforts nécessaires pour faire exécuter pleinement et en temps voulu les décisions de justice rendues en faveur des requérants et elles ont restreint de façon disproportionnée le droit d’accès à un tribunal des requérants.
11. Il s’ensuit que ces griefs révèlent une violation de l’article 6 § 1 en raison de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes et d’une atteinte au droit d’accès du requérant à un tribunal.
12. Au vu de ce qui précède la Cour estime qu’il n’est pas nécessaire d’examiner séparément les griefs formulés par les requérants sous l’angle de l’article 13 de la Convention et l’article 1 du Protocole no 1.
SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 41 DE LA CONVENTION
13. Eu égard aux documents en sa possession et à sa jurisprudence (Ventorino, De Trana, et Nicola Silvestri, précités), la Cour estime raisonnable d’allouer aux requérants qui ont présenté et ventilé leurs demandes de satisfaction équitable conformément à l’article 60 de son règlement (voir tableau joint en annexe) les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe et rejette les demandes pour le surplus.
14. La Cour constate en outre que l’État défendeur demeure tenu d’exécuter les décisions de justice qui restent exécutoires.
PAR CES MOTIFS, LA COUR, À L’UNANIMITÉ,
Décide de joindre les requêtes ;
Déclare les requêtes recevables ;
Dit que ces requêtes révèlent une violation de l’article 6 § 1 de la Convention en raison de l’inexécution ou de l’exécution tardive de décisions de justice internes et d’une atteinte au droit d’accès des requérants à un tribunal ;
Dit qu’il n’y a pas lieu d’examiner séparément les griefs formulés sur le terrain de l’article 13 de la Convention et l’article 1 du Protocole no 1 ;
Dit que l’État défendeur doit, dans les trois mois, assurer par des moyens appropriés l’exécution des décisions de justice internes encore pendantes visées dans le tableau joint en annexe ;
Dit
a) que l’État défendeur doit verser aux requérants, dans les trois mois, les sommes indiquées dans le tableau joint en annexe ;
b) qu’à compter de l’expiration dudit délai et jusqu’au versement, ces montants seront à majorer d’un intérêt simple à un taux égal à celui de la facilité de prêt marginal de la Banque centrale européenne applicable pendant cette période, augmenté de trois points de pourcentage.
Rejette les demandes de satisfaction équitable pour le surplus.
Fait en français, puis communiqué par écrit le 10 octobre 2024, en application de l’article 77 §§ 2 et 3 du règlement.
Viktoriya Maradudina Krzysztof Wojtyczek
Greffière adjointe f.f. Président
ANNEXE
Requête concernant des griefs tirés de l’article 6 § 1 de la Convention
(inexécution ou exécution tardive de décisions de justice internes et une atteinte au droit d’accès à un tribunal)
No.
Numéro et date d’introduction de la requête
Nom du requérant et année de naissance/d’enregistrement
Nom et ville du représentant
Décision de justice interne pertinente
Date de début de l’inexécution
Date de fin de l’inexécution
Délai d’exécution
Date de début et fin de l’impossibilité d’entamer des procédures exécutives
Injonction des juridictions internes
Montant alloué pour dommage moral par requérant
(en euros)
[1]
Montant alloué pour frais et dépens par requête
(en euros)[2]
4954/23
30/12/2022
(12 requérants)
Carlo COCOZZA DI MONTANARA
Anna COCOZZA DI MONTANARA
Pietro COCOZZA DI MONTANARA
Pierluigi GINNIA
Eleonora REYTANI
Francesca REYTANI
Giovanni REYTANI
Paolo REYTANI
Antonio ZAMPAGLIONE
Guido ZAMPAGLIONE
Lorenzo ZAMPAGLIONE
Pierluigi ZAMPAGLIONE Tozzi Silvano
Naples
Cour d’appel de Naples. R.G. 5104/2016, 05/07/2018
05/07/2018
en cours
Plus de 6 année(s) et 1 mois et 1 jour(s)
07/05/2019
En cours
Municipalité de Quarto
Indemnisation des dommages et indemnité d’expropriation
6 000
5143/23
18/01/2023
EUROIMPIANTI S.A.S. DI MARIA SOLLA Pagliuca Mauro
Avellino
Tribunal administratif régional de la Campanie, R.G. 2196/2017, 03/01/2020
03/01/2020
en cours
Plus de 4 année(s) et 7 mois et 3 jour(s)
05/08/2020
En cours
Municipalité de Casoria
Paiement d’intérêts moratoires
3 075
5451/23
18/01/2023
Aniello MELORIO Pagliuca Mauro
Avellino
Injonction de paiement, Tribunal de Santa Maria Capua Vetere R.G. 6469/2017, 23/09/2017
18/12/2017
en cours
Plus de 6 année(s) et 7 mois et 19 jour(s)
23/04/2018
En cours
Municipalité de Caserte
Paiement des honoraires d’avocat (avvocato antistatario) 250
6255/23
18/01/2023
EUROIMPIANTI S.A.S. DI MARIA SOLLA Melorio Aniello
Naples
Tribunal de Santa Maria Capua Vetere, R.G. 6469/2017, 23/09/2017
18/12/2017
en cours
Plus de 6 année(s) et 7 mois et 19 jour(s)
23/04/2018
En cours
Municipalité de Caserte
Ordonnance portant injonction de payer pour les services fournis par la société requérante
8 295
-
[1] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.
[2] Plus tout montant pouvant être dû à titre d'impôt par la partie requérante.
© Rada Europy / Europejski Trybunał Praw Człowieka, źródło: HUDOC (hudoc.echr.coe.int), pozyskano 20.07.2026. · Źródło