C-456/14
PostanowienieTSUE2015-09-03CELEX: 62014CO0456ECLI:EU:C:2015:550
Analiza orzeczenia
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Zagadnienie prawne
Czy Trybunał Sprawiedliwości Unii Europejskiej jest kompetentny do interpretacji art. 3 ust. 1 lit. a) dyrektywy 2001/40/WE w sytuacji, gdy sprawa krajowa dotyczy decyzji o wydaleniu obywatela państwa trzeciego podjętej przez jedno państwo członkowskie na jego własnym terytorium, a prawo krajowe nie odwołuje się bezpośrednio i bezwarunkowo do przepisów tej dyrektywy?Ratio decidendi
Trybunał uznał się za oczywiście niekompetentny, ponieważ dyrektywa 2001/40/WE dotyczy wzajemnego uznawania decyzji o wydaleniu między państwami członkowskimi, a nie decyzji o wydaleniu podjętej przez jedno państwo członkowskie wobec obywatela państwa trzeciego znajdującego się na jego terytorium. Sytuacja w postępowaniu głównym nie wchodziła zatem w zakres stosowania dyrektywy. Ponadto, choć Trybunał może interpretować przepisy prawa Unii w sytuacjach poza zakresem jego stosowania, jeśli prawo krajowe odwołuje się do nich bezpośrednio i bezwarunkowo, w niniejszej sprawie sąd odsyłający nie wykazał takiego bezpośredniego i bezwarunkowego odesłania, które wiązałoby go interpretacją Trybunału.Stan faktyczny
Manuel Orrego Arias, obywatel państwa trzeciego, został skazany w Hiszpanii na osiem miesięcy pozbawienia wolności za usiłowanie kradzieży z włamaniem. Hiszpańskie władze wydały decyzję o jego wydaleniu z terytorium Hiszpanii i zakazie wjazdu na pięć lat, opierając się na art. 57 ust. 2 hiszpańskiej ustawy o cudzoziemcach, który dotyczy przestępstw zagrożonych karą pozbawienia wolności powyżej jednego roku. Orrego Arias zaskarżył tę decyzję, argumentując, że orzeczona kara była krótsza niż rok. Sąd krajowy zwrócił się do TSUE z pytaniem prejudycjalnym dotyczącym interpretacji pojęcia „przestępstwa zagrożonego karą pozbawienia wolności co najmniej jednego roku” z dyrektywy 2001/40/WE.Rozstrzygnięcie
Trybunał Sprawiedliwości Unii Europejskiej jest oczywiście niekompetentny do udzielenia odpowiedzi na pytanie zadane przez Tribunal Superior de Justicia de Castilla-La Mancha (Hiszpania) decyzją z dnia 4 września 2014 r. (sprawa C‑456/14).Pełny tekst orzeczenia
ORDONNANCE DE LA COUR (quatrième chambre) septembre 2015 (*)
«Renvoi préjudiciel – Espace de liberté, de sécurité et de justice – Directive 2001/40/CE – Reconnaissance mutuelle des décisions d’éloignement des ressortissants de pays tiers – Article 3, paragraphe 1, sous a) – Notion d’‘infraction passible d’une peine privative de liberté d’au moins un an’ – Décision d’éloignement d’un ressortissant d’un pays tiers en raison d’une condamnation pénale – Situation ne relevant pas du champ d’application de la directive 2001/40 – Incompétence manifeste»
Dans l’affaire C‑456/14,
ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Tribunal Superior
de Justicia de Castilla-La Mancha (Espagne), par décision du 4 septembre 2014, parvenue à la Cour le 2 octobre 2014, dans
la procédure
Manuel Orrego Arias
contre
Subdelegación del Gobierno en Ciudad Real,
LA COUR (quatrième chambre),
composée de M. L. Bay Larsen (rapporteur), président de chambre, Mme K. Jürimäe, MM. J. Malenovský, M. Safjan et Mme A. Prechal, juges,
avocat général: M. Y. Bot,
greffier: Mme M. Ferreira, administrateur principal,
considérant les observations présentées:
– pour le gouvernement espagnol, par M. L. Banciella Rodríguez-Miñón, en qualité d’agent,
– pour le gouvernement autrichien, par M. G. Eberhard, en qualité d’agent,
– pour la Commission européenne, par Mmes S. Pardo Quintillán et M. Condou-Durande, en qualité d’agents,
vu la décision prise, l’avocat général entendu, de statuer par voie d’ordonnance motivée, conformément à l’article 53, paragraphe
2, du règlement de procédure de la Cour,
rend la présente
Ordonnance
1 La demande de décision préjudicielle porte sur l’interprétation de l’article 3, paragraphe 1, sous a), de la directive 2001/40/CE
du Conseil, du 28 mai 2001, relative à la reconnaissance mutuelle des décisions d’éloignement des ressortissants de pays tiers
(JO L 149, p. 34).
2 Cette demande a été présentée dans le cadre d’un litige opposant M. Orrego Arias à la Subdelegación del Gobierno en Ciudad
Real (représentation du gouvernement dans la province de Ciudad Real) au sujet d’une décision d’éloignement du territoire
espagnol de l’intéressé, assortie d’une interdiction d’entrée sur ce territoire d’une durée de cinq ans.
Le cadre juridique
Le droit de l’Union
3 L’article 1er, paragraphe 1, de la directive 2001/40 prévoit:
«Sans préjudice, d’une part, des obligations découlant de l’article 23 et, d’autre part, de l’application de l’article 96
de la convention d’application de l’accord de Schengen du 14 juin 1985 [entre les Gouvernements des États de l’Union économique
Benelux, de la République fédérale d’Allemagne et de la République française relatif à la suppression graduelle des contrôles
aux frontières communes (JO 2000, L 239, p. 19)], signée à Schengen [(Luxembourg)] le 19 juin 1990, ci‑après dénommée ‘convention
de Schengen’, l’objet de la présente directive est de permettre la reconnaissance d’une décision d’éloignement prise par une
autorité compétente d’un État membre, ci‑après dénommé ‘État membre auteur’, à l’encontre d’un ressortissant d’un pays tiers
qui se trouve sur le territoire d’un autre État membre, ci‑après dénommé ‘État membre d’exécution’.»
4 L’article 3 de cette directive dispose:
«1. L’éloignement visé à l’article 1er concerne les cas suivants:
a) le ressortissant d’un pays tiers fait l’objet d’une décision d’éloignement fondée sur une menace grave et actuelle pour l’ordre
public ou la sécurité et sûreté nationales, et prise dans les cas suivants:
– condamnation du ressortissant du pays tiers par l’État membre auteur pour une infraction passible d’une peine privative de
liberté d’au moins un an,
[...]»
5 L’article 96 de la convention de Schengen stipule:
«1. Les données relatives aux étrangers qui sont signalés aux fins de non‑admission sont intégrées sur la base d’un signalement
national résultant de décisions prises, dans le respect des règles de procédure prévues par la législation nationale, par
les autorités administratives ou les juridictions compétentes.
2. Les décisions peuvent être fondées sur la menace pour l’ordre public ou la sécurité et la sûreté nationales que peut constituer
la présence d’un étranger sur le territoire national.
Tel peut être notamment le cas:
a) d’un étranger qui a été condamné pour une infraction passible d’une peine privative de liberté d’au moins un an;
[...]»
Le droit espagnol
6 L’article 57, paragraphe 2, de la loi organique 4/2000, relative aux droits et libertés des étrangers en Espagne et à leur
intégration sociale (Ley Orgánica 4/2000, sobre derechos y libertades de los extranjeros en España y su integración social),
du 11 janvier 2000 (BOE n° 10, du 12 janvier 2000, p. 1139, ci-après la «loi relative aux étrangers»), prévoit:
«[...] [C]onstitue un motif d’éloignement, après instruction du dossier correspondant, le fait que l’étranger ait été condamné,
en Espagne ou en dehors, pour une faute intentionnelle qui constitue dans notre pays un délit sanctionné par une peine privative
de liberté supérieure à un an, à moins que ses antécédents pénaux n’aient été effacés de son casier judiciaire.»
Le litige au principal et la question préjudicielle
7 M. Orrego Arias a été condamné, par une décision du 6 mai 2009, à une peine d’emprisonnement de huit mois pour tentative de
vol avec effraction, ce délit étant sanctionné, selon le droit pénal espagnol, par une peine d’emprisonnement d’une durée
d’un à trois ans.
8 Le 15 juin 2012, M. Orrego Arias a fait l’objet d’une décision de la Subdelegación del Gobierno en Ciudad Real fondée sur
l’article 57, paragraphe 2, de la loi relative aux étrangers, prononçant son éloignement du territoire espagnol, assortie
d’une interdiction d’entrée sur ce dernier d’une durée de cinq ans.
9 L’intéressé a formé un recours pour excès de pouvoir contre cette décision devant le Juzgado de lo Contencioso-Administrativo
n° 2 de Ciudad Real (juge de l’ordre du contentieux administratif n° 2 de Ciudad Real). Devant cette juridiction, M. Orrego
Arias a, en substance, fait valoir que, la peine d’emprisonnement lui ayant été infligée n’étant pas supérieure à un an, l’article
57, paragraphe 2, de la loi relative aux étrangers n’est pas applicable.
10 Par une décision du 13 mai 2013, ladite juridiction a rejeté le recours de M. Orrego Arias en considérant, en substance, que
ledit article 57, paragraphe 2, s’applique à un délit tel que celui commis par l’intéressé, qui est sanctionné par une peine
d’emprisonnement supérieure à un an.
11 M. Orrego Arias a interjeté appel de ce jugement devant la juridiction de renvoi.
12 Dans ce contexte, le Tribunal Superior de Justicia de Castilla-La Mancha (Cour supérieure de justice de Castilla-La Mancha)
a décidé de surseoir à statuer et de poser à la Cour la question préjudicielle suivante:
«L’expression ‘infraction passible d’une peine privative de liberté d’au moins un an’, figurant à l’article 3, paragraphe
1, sous a), de la directive 2001/40, doit-t-elle être interprétée en ce sens qu’elle fait référence à la peine prévue en théorie
pour le délit concerné ou bien, au contraire, doit-t-elle être interprétée en ce sens qu’elle fait référence à la peine d’emprisonnement
infligée en pratique au condamné et, partant, en ce sens que les autres États membres seraient tenus ou non de reconnaître
la décision, prise par un État membre, de procéder à l’éloignement du ressortissant d’un État tiers condamné à une peine privative
de liberté de huit mois?»
Sur la compétence de la Cour
13 En vertu de l’article 53, paragraphe 2, du règlement de procédure de la Cour, lorsque celle-ci est manifestement incompétente
pour connaître d’une affaire, la Cour, l’avocat général entendu, peut à tout moment décider de statuer par voie d’ordonnance
motivée, sans poursuivre la procédure.
14 Il y a lieu de faire application de cette disposition dans la présente affaire.
15 Selon une jurisprudence constante, dans le cadre de la coopération entre la Cour et les juridictions nationales, telle que
prévue à l’article 267 TFUE, il appartient au seul juge national, qui est saisi du litige et qui doit assumer la responsabilité
de la décision juridictionnelle à intervenir, d’apprécier, au regard des particularités de l’affaire pendante devant lui,
tant la nécessité d’une décision préjudicielle pour être en mesure de rendre son jugement que la pertinence des questions
qu’il pose à la Cour (arrêt VEBIC, C‑439/08, EU:C:2010:739, point 41 et jurisprudence citée).
16 Dès lors que les questions posées par les juridictions nationales portent sur l’interprétation d’une disposition du droit
de l’Union, la Cour est donc, en principe, tenue de statuer, à moins qu’il soit manifeste que la demande de décision préjudicielle
tend, en réalité, à l’amener à statuer par le biais d’un litige construit ou à formuler des opinions consultatives sur des
questions générales ou hypothétiques, que l’interprétation du droit de l’Union demandée n’ait aucun rapport avec la réalité
ou l’objet du litige, ou encore que la Cour ne dispose pas des éléments de fait ou de droit nécessaires pour répondre de façon
utile aux questions qui lui sont posées (arrêt VEBIC, C‑439/08, EU:C:2010:739, point 42 et jurisprudence citée).
17 En l’occurrence, il y a lieu de constater que la question posée porte sur l’interprétation de l’article 3, paragraphe 1, sous
a), de la directive 2001/40.
18 Conformément à son article 1er, la directive 2001/40 a pour objet de permettre la reconnaissance d’une décision d’éloignement prise par une autorité compétente
d’un État membre à l’encontre d’un ressortissant d’un pays tiers qui se trouve sur le territoire d’un autre État membre.
19 Or, il ressort de la décision de renvoi que l’affaire au principal concerne la validité d’une décision d’éloignement prise
par les autorités espagnoles compétentes, sur la base de l’article 57, paragraphe 2, de la loi relative aux étrangers, à l’encontre
d’un ressortissant d’un pays tiers qui se trouve sur le territoire espagnol et qui a été condamné à une peine d’emprisonnement
de huit mois pour un délit sanctionné, selon le droit espagnol, par une peine d’emprisonnement d’une durée d’un à trois ans.
20 Ainsi, il est manifeste que la situation en cause au principal ne relève pas du champ d’application de la directive 2001/40,
dont la juridiction de renvoi demande l’interprétation.
21 Toutefois, la Cour s’est à maintes reprises déclarée compétente pour statuer sur les demandes de décision préjudicielle portant
sur des dispositions du droit de l’Union dans des situations dans lesquelles les faits au principal se situaient en dehors
du champ d’application du droit de l’Union, mais dans lesquelles lesdites dispositions de ce droit avaient été rendues applicables
par le droit national, en raison d’un renvoi opéré par ce dernier au contenu de celles-ci (arrêt Nolan, C‑583/10, EU:C:2012:638,
point 45 et jurisprudence citée).
22 En effet, lorsqu’une législation nationale se conforme, pour les solutions qu’elle apporte à des situations ne relevant pas
du champ d’application de l’acte de l’Union concerné, à celles retenues par ledit acte, il existe un intérêt certain de l’Union
à ce que, pour éviter des divergences d’interprétation futures, les dispositions reprises de cet acte reçoivent une interprétation
uniforme (arrêt Nolan, C‑583/10, EU:C:2012:638, point 46 et jurisprudence citée).
23 Tel est le cas dès lors que les dispositions du droit de l’Union en cause ont été rendues applicables de manière directe et
inconditionnelle, par le droit national, à de telles situations (arrêt Romeo, C‑313/12, EU:C:2013:718, point 23 et jurisprudence
citée). En revanche, tel n’est pas le cas lorsque les dispositions du droit national permettent au juge national de s’écarter
des règles du droit de l’Union, telles qu’interprétées par la Cour (voir, en ce sens, arrêts Kleinwort Benson, C‑346/93, EU:C:1995:85,
points 16 et 18, ainsi que Romeo, C‑313/12, EU:C:2013:718, point 33 et jurisprudence citée), la Cour étant alors incompétente
pour statuer sur la question préjudicielle (arrêt Gauweiler e.a., C‑62/14, EU:C:2015:400, point 12).
24 En l’occurrence, il ne ressort pas de la décision de renvoi que le droit national opérerait un renvoi direct et inconditionnel
à l’article 3, paragraphe 1, sous a), de la directive 2001/40 et, partant, qu’il rendrait contraignante l’interprétation donnée
par la Cour de cette directive pour la résolution de l’affaire au principal par la juridiction de renvoi.
25 En particulier, dans la présente affaire, la juridiction de renvoi se borne à affirmer que l’article 3, paragraphe 1, sous
a), de la directive 2001/40 constitue le principal élément d’interprétation de l’article 57, paragraphe 2, de la loi relative
aux étrangers, sans indiquer que la réponse de la Cour la lierait pour la résolution du litige au principal.
26 Eu égard à l’ensemble des considérations qui précèdent, il y a lieu de constater, sur le fondement de l’article 53, paragraphe
2, du règlement de procédure, que la Cour est manifestement incompétente pour répondre à la question posée par le Tribunal
Superior de Justicia de Castilla-La Mancha.
Sur les dépens
27 La procédure revêtant, à l’égard des parties au principal, le caractère d’un incident soulevé devant la juridiction de renvoi,
il appartient à celle-ci de statuer sur les dépens. Les frais exposés pour soumettre des observations à la Cour, autres que
ceux desdites parties, ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.
Par ces motifs, la Cour (quatrième chambre) ordonne:
La Cour de justice de l’Union européenne est manifestement incompétente pour répondre à la question posée par le Tribunal
Superior de Justicia de Castilla-La Mancha (Espagne), par décision du 4 septembre 2014 (affaire C‑456/14).
Signatures
* Langue de procédure: l’espagnol.
© Unia Europejska, źródło: EUR-Lex (eur-lex.europa.eu), pozyskano 15.07.2026. Autentyczne są wyłącznie wersje opublikowane w Dz. Urz. UE. · Źródło